Afrique:  Nathalie Yamb : Panafricanisme sincère ou influence masquée ?

 

Depuis plusieurs années, Nathalie Yamb s’est érigée en égérie d’un panafricanisme radical, multipliant les prises de parole contre l’Occident et, en particulier, la France. Très active sur les réseaux sociaux et dans les médias, elle se veut porte-voix d’une Afrique souveraine, libérée de toute tutelle étrangère. Mais à y regarder de plus près, certaines incohérences dans son discours suscitent des interrogations sur sa réelle indépendance.

En effet, si ses critiques contre les puissances occidentales sont constantes et virulentes, son silence sur d’autres formes de domination étrangère, notamment celles exercées par la Russie, étonne. Plusieurs sources crédibles évoquent d’ailleurs un soutien logistique et financier en provenance de Moscou, qui alimente sa machine médiatique. Une situation qui remet en question l’objectivité de ses prises de position et alimente l’idée selon laquelle elle pourrait servir des intérêts géopolitiques qui dépassent l’Afrique.

La récente sortie de Nathalie Yamb contre le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition au Gabon, illustre cette posture ambiguë. Sans nuances, elle dénonce une supposée continuité du régime précédent, passant sous silence les efforts de réforme entrepris depuis la fin de la dynastie Bongo. Une critique jugée injuste par plusieurs observateurs, d’autant plus qu’elle provient d’une militante originaire du Cameroun, pays toujours englué dans une gouvernance autoritaire et vieillissante.

Le risque d’un panafricanisme à géométrie variable est bien réel : critiquer certains régimes et en épargner d’autres en fonction des affinités ou des soutiens extérieurs n’est pas sans conséquence. Cela fragilise le message panafricain, pourtant vital à l’heure où de nombreux pays du continent amorcent des transitions politiques et sociales délicates.

Militer pour l’émancipation de l’Afrique ne devrait pas consister à remplacer une domination par une autre, mais à promouvoir une véritable autonomie politique, économique et culturelle. La crédibilité de ce combat repose sur l’impartialité, la lucidité et la cohérence de celles et ceux qui en portent la voix.

Nathalie Yamb, en figure publique engagée, gagnerait à revoir son approche pour incarner un panafricanisme constructif, dénué de toute influence étrangère, capable de rassembler plutôt que de diviser.

Par Ousmane Diallo

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