Sud Afrique : Des Sud-Africains « blancs » demandent l’asile aux États-Unis, invoquant des persécutions raciales

Trois semaines après la suspension par l’administration Trump de l’accueil de nouveaux réfugiés, un décret présidentiel relance la controverse en introduisant un programme d’asile exclusivement destiné aux Afrikaners d’Afrique du Sud. Ces derniers, descendants des colons néerlandais, estiment être victimes de « discriminations raciales injustes », une opinion que Donald Trump affirme partager.

La mesure a suscité un vif émoi sur les réseaux sociaux, notamment au sein de la communauté afrikaner. Katia Beeden, coach en développement personnel vivant au Cap, s’est rapidement imposée comme figure de proue du mouvement en faveur de l’émigration. Affichant fièrement une casquette rouge « Make America Great Again », elle a cofondé le site « Amerikaners » pour guider les Sud-Africains blancs souhaitant demander l’asile politique aux États-Unis. « L’offre de Trump est une véritable bouée de sauvetage », affirme-t-elle.

Selon Beeden, la situation sécuritaire en Afrique du Sud serait devenue insoutenable pour certains membres de la minorité blanche. « L’Afrique du Sud est une société très violente. Nous avons l’un des taux de meurtres les plus élevés au monde. En tant que femme, je ne peux même pas marcher sur la montagne à côté de chez moi, car je risque d’être volée ou violée », déplore-t-elle.

Si les données statistiques indiquent que les principales victimes de la criminalité sont issues des couches les plus défavorisées de la population sud-africaine, certains Afrikaners affirment que les crimes dont ils sont victimes sont souvent à motivation raciale. « Ce ne sont pas des crimes ‘normaux’. C’est de la persécution », soutiennent-ils.

Ce programme d’asile inédit soulève de nombreuses interrogations, notamment sur le plan éthique et diplomatique. Pour les critiques, cette initiative représente un détournement de la politique d’asile à des fins idéologiques, ciblant une minorité perçue comme historiquement privilégiée. Pour d’autres, elle reflète une réalité ignorée : celle d’une communauté blanche en quête de protection dans une société qu’elle juge de plus en plus hostile.

Par Rodrigue Izumo 

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