Mali. « Crise politique : les activités des partis gelées par décret présidentiel »
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Un décret présidentiel annoncé mercredi 7 mai à la télévision nationale malienne a provoqué un tollé dans tout le pays. Le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les activités des partis politiques et des associations à caractère politique sur l’ensemble du territoire.
Cette mesure radicale survient une semaine après l’abrogation, le 30 avril, de la loi encadrant le fonctionnement des partis politiques. Pour de nombreux analystes, cette séquence traduit une volonté manifeste de marginaliser les acteurs politiques traditionnels, déjà affaiblis depuis le coup d’État de mars 2020.
Une opposition vent debout
Les réactions n’ont pas tardé. À Bamako, les principales figures de l’opposition dénoncent une dérive autoritaire, un « verrouillage total de la scène politique » et une tentative de prolonger indéfiniment la transition militaire. Des manifestations sont annoncées pour le vendredi 9 mai, avec un mot d’ordre clair : obtenir un retour à l’ordre constitutionnel au plus tard le 31 décembre 2025.
Les partis politiques réclament également un calendrier électoral précis, craignant que ce gel des activités ne soit qu’un moyen de retarder la tenue des élections et de pérenniser le pouvoir militaire.
Un isolement croissant du régime
Sur le plan international, cette décision risque d’aggraver l’isolement diplomatique du Mali. Déjà en tension avec plusieurs partenaires internationaux depuis sa rupture progressive avec la CEDEAO et la France, le régime de transition pourrait voir se durcir les positions de l’Union africaine et de l’ONU.
Alors que le pays fait face à une crise sécuritaire persistante, cette nouvelle crise politique pourrait accentuer les fractures internes et fragiliser davantage le processus de sortie de transition, censé ramener le Mali à une gouvernance démocratique.
Par Cherif Keita

