Mozambique : l’évêque de Quelimane Mgr Osório Citora Afonso assassiné par balles à son domicile
La communauté catholique mozambicaine est en état de choc. Mgr Osório Citora Afonso, évêque du diocèse de Quelimane et administrateur apostolique de Beira, a été retrouvé mort samredi 6 juin au matin à sa résidence épiscopale, dans des circonstances tragiques. Le prélat de 54 ans a été tué par balles, selon les premiers éléments de l’enquête.
Selon les informations communiquées par le porte-parole du Service national d’enquêtes criminelles (SERNIC), Maximino Amílcar, les faits se sont produits tôt le matin. « Nous avons été informés du crime tôt ce matin : un corps sans vie avait été retrouvé sur les lieux. La balle a touché la poitrine, probablement le cœur », a-t-il déclaré .
Les investigations préliminaires révèlent que plusieurs individus non identifiés se sont introduits dans la résidence épiscopale après avoir escaladé le mur d’enceinte. Les suspects ont neutralisé le système de sécurité : la clôture électrique, hors service depuis deux mois, a été vandalisée. « Cela leur a facilité l’accès, ce qui laisse supposer qu’ils étaient déjà au courant de la panne », a précisé Maximino Amílcar . L’arme utilisée serait un fusil d’assaut de type AKM .
Un évêque engagé, récemment nommé
Membre de l’Institut missionnaire Consolata, Mgr Citora Afonso était une figure montante de l’Église mozambicaine. Nommé évêque de Quelimane en juillet 2025 par le pape François, il avait pris ses fonctions en août 2025 . Depuis le 10 avril dernier, le pape Léon XIV lui avait également confié la charge d’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Beira .
Le prélat s’était fait remarquer ces dernières semaines par ses prises de position courageuses sur la situation sécuritaire dans le nord du pays. Le 12 mai, il confiait à l’agence Fides que la situation en province de Cabo Delgado, en proie à une insurrection djihadiste, était devenue « hors de contrôle ». « Il est nécessaire d’arrêter la violence afin que nos frères ne continuent pas à mourir comme des poulets. Nous ne voulons pas cela », avait-il lancé .
Vives réactions et deuil national
La nouvelle de cet assassinat a suscité une vague d’émotion au Mozambique et au-delà. Le président de la République, Daniel Francisco Chapo, a exprimé sa « profonde tristesse et son désarroi », qualifiant la disparition de Mgr Afonso de « perte irréparable pour la société mozambicaine et pour la communauté chrétienne » .
Le Saint-Siège a également réagi. Depuis Madrid où il se trouve, le pape Léon XIV a appris « avec tristesse le grave acte de violence » ayant coûté la vie à l’évêque. Le Souverain Pontife « s’unit dans la prière au peuple des diocèses et du Mozambique en cette heure de désarroi, afin que le Seigneur leur accorde la consolation et qu’il arrête la main des violents » .
Le président de la Conférence épiscopale du Mozambique, Mgr Inácio Saúre, a appelé à « la sérénité dans la foi et à la solidarité fraternelle » tout en évoquant des « circonstances inhabituelles qui restent à clarifier » . Une messe commémorative était célébrée samedi 6 juin à 18h00 à la cathédrale Notre-Dame de la Délivrance de Quelimane .
Pour l’heure, les autorités n’ont privilégié aucune piste officielle et aucun suspect n’a été arrêté. Si la coïncidence avec ses récentes déclarations sur la violence dans le nord interpelle, rien ne permet d’établir un lien formel avec son assassinat . Le SERNIC a ouvert une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur ce crime qui frappe l’Église mozambicaine.
Par Rodrigue Izumo

