Kenya : Vers un bond énergétique avec un projet de centrale à gaz de 1200 MW sur la côte indienne
Dans sa quête de souveraineté énergétique et d’accélération de son industrialisation, le Kenya a dévoilé un projet ambitieux de construction d’une centrale électrique au gaz d’une capacité d’environ 1 200 mégawatts (MW). Cette infrastructure stratégique sera implantée sur sa façade littorale donnant sur l’océan Indien, et vise à renforcer significativement l’approvisionnement du réseau électrique national.
Diversifier le mix énergétique pour sécuriser l’avenir
Ce projet s’inscrit dans une vision à long terme des autorités kényanes, qui entendent diversifier leurs sources de production d’électricité face à une demande intérieure en constante augmentation. L’objectif est double : accompagner le rythme soutenu de l’industrialisation du pays et garantir un accès fiable à l’électricité pour les ménages comme pour les entreprises.
Si le Kenya est déjà un champion continental des énergies renouvelables – avec une capacité installée actuelle d’environ 1 726 MW, dont une part prépondérante issue de la géothermie, de l’hydraulique et de l’éolien – l’intégration du gaz naturel vient combler un besoin crucial de flexibilité. Contrairement aux sources renouvelables, parfois intermittentes, une centrale à gaz permet une production pilotable et constante, indispensable pour stabiliser le réseau.
Un complément stratégique aux infrastructures existantes
Selon les données fournies par la Kenya Electricity Generating Company (KenGen) et le ministère kényan de l’Énergie, la future centrale ne vise pas à remplacer les acquis du renouvelable, mais à les compléter. Elle jouera un rôle clé dans l’amélioration de la sécurité d’approvisionnement électrique, un enjeu majeur pour soutenir la croissance économique et attirer les investisseurs industriels.
Un levier pour l’industrialisation et l’accès à l’énergie
Ce mégaprojet énergétique est perçu comme un levier essentiel pour atteindre les objectifs de développement du pays. En assurant une base de charge solide et fiable, il permettra de :
· Soutenir les industries locales, qui nécessitent une alimentation électrique ininterrompue pour fonctionner à pleine capacité.
· Améliorer la qualité de vie des ménages, en réduisant les risques de délestages et en favorisant l’électrification rurale.
· Poser les jalons d’une transition énergétique équilibrée, où le gaz naturel, moins émissif que le charbon ou le fioul lourd, sert de pont vers un avenir toujours plus vert.
Les autorités n’ont pas encore communiqué sur le calendrier précis des travaux ni sur les partenaires techniques et financiers associés à ce projet d’envergure, mais l’annonce marque déjà une étape décisive dans la politique énergétique kényane. Le pays confirme ainsi son ambition de devenir une nation industrialisée et leader en matière d’innovation énergétique sur le continent africain.
Par Frédéric Konaté

