Tchad : Des projets routiers et de ponts à l’arrêt, la population réclame l’intervention du Chef de l’État
Depuis plus de 18 mois, d’importants travaux d’aménagement de routes et de ponts sont suspendus dans l’est et l’ouest du Tchad, ainsi que dans la province du Wadi Fira. Confiés à l’entreprise HBC, dirigée par About Hachim, ces chantiers vitaux pour les populations locales sont au point mort, victimes selon nos investigations d’un défaut chronique de financement.
Sur le terrain, les infrastructures promises restent inachevées. Dans la province de l’Ennedi Est, comme dans le Wadi Fira, les engins de chantier sont toujours présents, mais les équipes se sont retirées, faute de moyens. L’entreprise HBC, pourtant engagée sur plusieurs fronts, se trouve dans une impasse financière.
Nos investigations révèlent que sur les quatre ponts prévus dans le cadre de ces projets, deux ont pourtant été finalisés avec succès. Il s’agit du pont de Wadi Toloum, long de 700 mètres, entièrement achevé en août 2024, et du pont de Sounout-Iriba (680 mètres), terminé en juillet 2024 et déjà ouvert à la circulation. Cependant, les deux autres ouvrages sont en souffrance : le pont de Sounout-Tiné (680 mètres) n’est réalisé qu’à environ 60 %, tandis que le chantier du pont de Gueregué, situé dans le département de Bahaï (Ennedi Est), n’en est qu’au stade de l’installation du chantier.
La cause principale de cet arrêt, selon les responsables locaux rencontrés, est d’ordre financier. Malgré les efforts déployés par l’entreprise, celle-ci n’a perçu qu’une avance de démarrage correspondant à seulement 8 % du montant global. Aucun décompte ne lui a été versé à ce jour. Cette situation, qui perdure, a contraint la société HBC à suspendre ses activités, faute de liquidités pour poursuivre les travaux. Pour les routes, le constat est identique : les chantiers sont à l’arrêt en raison d’un retard de paiement des décomptes qui atteint désormais 14 mois.
Face à cette paralysie, la population locale ne cache plus son exaspération. Pour les habitants des trois provinces concernées, ces infrastructures ne sont pas un luxe mais une nécessité absolue. “Ces routes et ces ponts sont vitaux pour notre quotidien. Leur achèvement faciliterait considérablement nos déplacements et notre sécurité”, témoignent des voix concordantes sur place.
La société civile et les riverains réclament aujourd’hui avec insistance la reprise immédiate des travaux auprès du ministère en charge du dossier. Nombreux sont ceux qui appellent à une intervention personnelle du Chef de l’État, conscient de son engagement constant pour le bien-être des populations.
Il convient de rappeler que si les deux ponts de Wadi Toloum et de Sounout-Iriba sont achevés et fonctionnels, les autres chantiers restent en suspens. Les matériels de l’entreprise HBC demeurent mobilisés sur le terrain, dans l’attente d’un déblocage des fonds permettant de relancer les activités et d’honorer les engagements pris envers les citoyens.
La Rédaction

