Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh réélu avec près de 98 % des voix, l’opposition dénonce un scrutin verrouillé
Le président sortant de la République de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, 78 ans, a remporté un nouveau mandat à la tête du pays stratégique de la Corne de l’Afrique. Selon les résultats officiels provisoires annoncés par la commission électorale, il a obtenu 97,81 % des suffrages, en attendant la validation définitive par le Conseil constitutionnel.
Cet adversaire unique, Mohamed Farah Samatar, candidat sans étiquette, est crédité de seulement 2,19 % des voix. Le scrutin s’est déroulé dans un climat politique tendu, marqué par le boycott récurrent des principaux partis d’opposition. Ces derniers dénoncent depuis des années un verrouillage du jeu politique et des restrictions aux libertés fondamentales.
Bien que les autorités aient annoncé un taux de participation officiel dépassant les 80 %, des observateurs ont fait état d’une mobilisation en demi-teinte, voire très limitée, dans plusieurs bureaux de vote, en particulier dans la capitale, Djibouti-Ville. Avant même la publication complète des résultats, Ismaïl Omar Guelleh avait revendiqué sa victoire, se basant sur les premières tendances, une habitude qui lui est régulièrement reprochée par ses détracteurs.
Cette nouvelle victoire intervient dans un contexte institutionnel modifié. En novembre dernier, une révision constitutionnelle controversée a supprimé la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la présidentielle, une disposition qui excluait de fait le chef de l’État sortant. Ce changement lui a ouvert la voie pour briguer un cinquième mandat.
Au pouvoir depuis plus de deux décennies, Ismaïl Omar Guelleh s’impose ainsi comme l’un des chefs d’État africains au règne le plus long. Son pays, petit territoire situé à l’entrée de la mer Rouge, abrite des bases militaires françaises, américaines et chinoises, et demeure un allié clé des puissances occidentales dans la lutte antiterroriste régionale.
Par Jérôme Wailifu

