Mali : L’armée neutralise plus de 130 combattants terroristes lors de deux jours de frappes aériennes
L’état-major général des Forces armées maliennes (FAMa) a annoncé ce vendredi avoir mené deux opérations aériennes d’envergure, les 22 et 23 avril 2026, dans les régions de Koulikoro et Mopti. Bilan officiel : plus de 130 combattants terroristes neutralisés et des infrastructures logistiques détruites.
Les Forces armées maliennes ont intensifié leur pression sur les groupes armés terroristes actifs dans le centre du pays. Selon un communiqué de l’état-major publié en fin de journée, des frappes aériennes « chirurgicales » ont été menées sur deux jours, portant un coup significatif aux capacités opérationnelles des insurgés.
Le premier raid a eu lieu le 22 avril. Dans la forêt classée de la Faya, au sud de Zantiguila (région de Koulikoro), une colonne d’une quarantaine de motos — moyen de transport typique des groupes djihadistes dans la zone sahélienne — a été détectée par les services de renseignement. « Des frappes aériennes ont été immédiatement déclenchées », indique le communiqué militaire. Bilan de cette première phase : plus de 70 combattants neutralisés et l’intégralité de leur logistique détruite.
Le lendemain, 23 avril, l’armée a frappé plus au nord-est, au nord-ouest de Dioura, dans la région de Mopti, fief historique de l’insurrection djihadiste. Cette fois, c’est un « important refuge de groupes armés » qui a été pris pour cible. L’opération a abouti à la neutralisation de plus d’une soixantaine d’éléments et à la destruction complète du site, selon les mêmes sources.
L’état-major affirme que ces actions s’inscrivent dans la poursuite « active des missions de surveillance, de recherche et de neutralisation sur l’ensemble du territoire national ». Aucune perte ni dommage collatéral n’a été signalé dans les rangs des FAMa, conformément à la communication officielle.
Ces frappes interviennent dans un contexte de regain des opérations militaires maliennes, plusieurs mois après le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et la rupture de la coopération avec la force française Barkhane. Depuis, Bamako a renforcé sa coopération avec des partenaires techniques et militaires, notamment russes, tout en revendiquant une autonomie croissante dans la conduite de la guerre antiterroriste.
Pour les analystes de la région du Sahel, ces résultats — s’ils sont confirmés de manière indépendante — marqueraient une intensification notable de la stratégie de harcèment aérien des FAMa, visant à détruire les rassemblements logistiques et les colonnes mobiles des groupes affiliés à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ou au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Les zones ciblées, Koulikoro et Mopti, restent parmi les plus exposées aux attaques, aux engins explosifs improvisés et aux enlèvements. La population locale, prise en étau depuis des années, espère que cette dynamique militaire se traduira par un retour durable de la sécurité.
Par Cherif Keita

