Mali : Le général Sadio Camara, ministre de la Défense, tué dans un attentat kamikaze – Deuil national de 48 heures
La Transition malienne a été frappée en plein cœur. Ce dimanche, le gouvernement a annoncé la mort tragique du Général de Corps d’Armée Sadio Camara, Ministre d’État, Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, décédé des suites de ses blessures après un attentat terroriste survenu la veille.
L’attaque, d’une rare violence, a eu lieu le samedi 25 avril 2026 en fin d’après-midi. Selon le communiqué officiel lu sur les antennes de l’ORTM, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a visé directement la résidence privée du ministre dans un quartier résidentiel de Bamako.
« Malgré sa résistance et la neutralisation de certains assaillants, il a été blessé et succombé à ses blessures à l’hôpital », précise le gouvernement, saluant le courage du haut responsable qui faisait figure de pilier de la politique de reconquête sécuritaire.
Le bilan est lourd. Outre la mort du ministre, plusieurs autres personnes ont perdu la vie. Une mosquée voisine a également été détruite dans l’explosion, suggérant un lourd tribut parmi les civils présents au moment de la prière.
Un symbole de la lutte antiterroriste
Le général Sadio Camara, 58 ans, était une figure incontournable des autorités de transition. Ancien directeur de l’École de guerre, fidèle allié du colonel Assimi Goïta, il avait retrouvé son poste à la Défense après avoir brièvement quitté le gouvernement en 2022. Son retour avait été perçu comme une volonté de durcir le ton face aux groupes djihadistes et séparatistes.
Homme de terrain réputé pour sa rigueur, il incarnait « l’esprit de résistance » de l’armée malienne. Son assassinat survient alors que l’armée, appuyée par les paramilitaires russes, mène des offensives contre les rebelles dans le nord du pays.
Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a présidé une réunion d’urgence de crise dans la soirée. Dans un communiqué séparé, il a dénoncé « un acte lâche et barbare visant à déstabiliser la dynamique de paix et de souveraineté ».
Le gouvernement a immédiatement décrété un deuil national de deux jours, qui sera observé sur l’ensemble du territoire national à compter du lundi 27 avril 2026. Les drapeaux seront mis en berne et les activités culturelles et festives suspendues.
Le général Camara aura droit à des funérailles nationales. Une enquête a été ouverte pour déterminer d’éventuelles complicités locales.
Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué l’attentat, mais les soupçons se tournent vers les alliances djihadistes actives dans le Sahel, qui visent régulièrement les symboles militaires et politiques maliens.
Bamako se réveille ce lundi sous le choc, entre la douleur d’avoir perdu un « soldat de la patrie » et la crainte d’une escalade sécuritaire dans la capitale.
Par chef Keita

