Monde : Présidence de la FIFA : Le Camerounais Jean Crépin Nyamsi se lance dans la course face à Infantino
Alors que Gianni Infantino semble en route pour un nouveau mandat, un candidat inattendu a surgi lors du 76e congrès de l’instance à Vancouver. L’universitaire camerounais Jean Crépin Nyamsi a officiellement annoncé sa volonté de devenir le premier Africain à diriger durablement le football mondial.
La course à la présidence de la FIFA vient de connaître un rebondissement symbolique mais lourd de sens. En marge du 76e congrès qui se tient actuellement à Vancouver, le Camerounais Jean Crépin Nyamsi a officiellement déclaré sa candidature, défiant ainsi le président sortant, Gianni Infantino.
Âgé de 50 ans et enseignant-chercheur en communication politique à l’Université Paris Dauphine, Nyamsi n’en est pas à son premier essai. Déjà annoncé en 2023, il avait finalement renoncé, jugeant le timing inapproprié. Cette fois, l’homme d’affaires assure avoir « mûri son projet, tissé des réseaux et consolidé ses soutiens ».
Dans un entretien accordé à plusieurs médias en marge du congrès, le candidat assume pleinement son ambition historique : « Briguer la présidence en 2027 et devenir le premier Africain à diriger durablement l’instance mondiale. » Une phrase qui fait écho, sans la nommer, à la présidence par intérim d’Issa Hayatou entre 2015 et 2016, restée comme une simple transition.
Une vision « plus indépendante » pour l’Afrique
Proche de Samuel Eto’o, l’actuel président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Jean Crépin Nyamsi entend incarner un changement de paradigme. Selon lui, le football africain reste « trop aligné sur les décisions de la FIFA » et manque d’une véritable indépendance stratégique.
Son projet de campagne repose sur une vision d’une instance mondiale plus équitable, où les confédérations périphériques auraient voix au chapitre face aux géants européens et asiatiques.
Le chemin de croix d’un « défi audacieux »
Si l’ambition affichée est louable, la route vers la présidence de la FIFA s’annonce semée d’embûches. Pour que sa candidature soit officiellement validée, Jean Crépin Nyamsi devra passer avec succès le contrôle d’éligibilité mené par la commission d’éthique de la FIFA. Mais son principal obstacle reste politique : il lui faut l’investiture officielle de sa propre fédération nationale.
Problème de taille pour le candidat : la Fecafoot, à l’image de la majorité des associations africaines, a déjà apporté son soutien à Gianni Infantino. Avec le poids combiné de la Confédération africaine de football (CAF) et des puissantes fédérations asiatiques, le Suisse dispose d’une avance considérable qu’aucun adversaire n’a réussi à entamer depuis 2016.
Pour les observateurs présents à Vancouver, cette déclaration ressemble davantage à un acte politique destiné à ouvrir un dialogue qu’à un véritable rapport de force. Reste à savoir si Jean Crépin Nyamsi parviendra à transformer ce défi solitaire en mouvement structuré d’ici les prochaines échéances.
« Dans ces conditions, admet un consultant sur place, sa candidature apparaît comme un défi audacieux face à un système solidement verrouillé. »
Par Ousmane Diallo

