Tchad : Les opposants du GCAP incarcérés renoncent à la marche du 2 mai et tendent la main au pouvoir depuis leur cellule

Arrêtés le week-end dernier et placés en détention à la maison d’arrêt de Klessoum, les huit responsables du GCAP ont publié un communiqué dans lequel ils prennent acte de la dissolution de leur regroupement par la Cour suprême. Ils annulent la manifestation prévue le 2 mai 2026 et se déclarent prêts à dialoguer avec les autorités.

Le front de l’opposition tchadienne semble marquer une pause. Incarcérés depuis plusieurs jours à la maison d’arrêt de Klessoum, les leaders du Groupement de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont choisi de changer de stratégie. Dans un communiqué de presse signé depuis leur cellule, ils prennent acte de l’arrêt n°002/CS/CA/SC/2026 rendu le 24 avril par la Cour suprême, qui a prononcé la nullité de leur regroupement et déclaré ses activités illégales sur l’ensemble du territoire national.

Face à cette décision judiciaire, les huit responsables politiques annulent la marche pacifique qu’ils comptaient organiser le 2 mai 2026. Ils appellent leurs militants et sympathisants à respecter cette annulation, renonçant ainsi à une mobilisation qui promettait d’être très suivie.

Une main tendue depuis la prison

Au-delà du renoncement à la rue, le document publié depuis Klessoum insiste sur la volonté des opposants d’engager un dialogue. Les signataires réaffirment leur « entière disponibilité pour un dialogue franc et sincère » portant sur plusieurs thèmes sensibles : le respect des droits et des libertés fondamentales, la justice et l’inclusion.

L’objectif affiché est clair : « préserver la paix et l’unité nationale ». Un message d’apaisement à destination des autorités, alors que les relations entre le pouvoir et l’opposition sont tendues depuis la fin officielle de la transition.

Une opposition qui se conforme sans se rendre

En prenant acte de la décision de la Cour suprême et en renonçant à la marche, les responsables du GCAP choisissent la voie de la légalité tout en maintenant une forme de pression politique. Leur appel au dialogue, formulé depuis la prison, témoigne d’une volonté de ne pas en rester à la confrontation.

Reste à voir comment les autorités réagiront à cette proposition. Dans l’immédiat, l’annulation de la marche du 2 mai écarte le risque de heurts dans la capitale. Mais la main tendue par les opposants incarcérés pourrait rouvrir un espace de négociation, si le pouvoir décide d’y répondre favorablement.

Par Kenzo Brown 

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