Tchad : à Yersoué, des rites nocturnes et malédictions sur un chantier scolaire sèment la psychose

 

Dans le village de Yersoué (canton Gagal, province du Mayo-Kebbi Ouest), un conflit foncier autour d’un futur établissement scolaire a pris une tournure inquiétante. L’Association des Groupes de Jeunes accuse des autorités traditionnelles d’avoir organisé, dans la nuit du 3 mai, des rites accompagnés de paroles de malédiction sur le site. Un climat de peur s’est installé, perturbant la scolarité des enfants à l’approche des examens.

Tensions et mystique à Yersoué. Ce qui devait être un projet porteur d’espoir pour la jeunesse du canton Gagal se transforme en cauchemar. Le chantier d’un futur établissement scolaire est au cœur d’un vif conflit foncier qui oppose l’Association des Groupes de Jeunes du village à certaines autorités traditionnelles locales.

Selon les jeunes, la tension a atteint son paroxysme dans la nuit du 3 mai. Des responsables coutumiers auraient pénétré sur le site du projet pour y accomplir des rites nocturnes, ponctués de « paroles de malédiction ». Une information dénoncée publiquement par le secrétaire général de l’association, Mbairahouguèl Ounda Ardé Clément, accompagné du trésorier, lors d’une prise de parole au siège de la radio Vie Nouvelle de Gagal.

Actes « provocateurs » et « intimidants »
Pour le représentant des jeunes, ces pratiques n’ont rien d’anodin. Il y voit une tentative délibérée d’intimidation et de provocation envers ceux qui soutiennent la construction de l’école. « Ces rites ont semé la peur au sein de la population », a-t-il déclaré, ajoutant que des parents, inquiets pour leurs enfants, ont choisi de les éloigner des classes.

Conséquence directe : les activités scolaires sont perturbées dans la zone, alors que les examens approchent à grands pas. L’association craint que le projet éducatif, jugé « essentiel pour l’avenir des jeunes », ne soit gravement compromis si la situation persiste.

Face à cette escalade, l’Association des Groupes de Jeunes de Yersoué lance un appel solennel aux autorités administratives, éducatives et sécuritaires. Elle réclame une intervention rapide pour « rétablir le calme », protéger le chantier et garantir la poursuite normale des cours.

Pour l’heure, les autorités traditionnelles mises en cause n’ont pas réagi publiquement aux accusations. Le silence des uns et la colère des autres laissent planer un climat d’incertitude. En attendant, ce sont les enfants de Yersoué qui paient le prix fort de ce conflit où le foncier se mêle à l’occulte.

Nous y reviendrons

 

Par Mbaikoula Philippe 

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