Cameroun: Quand le « Baron » du cinéma camerounais signe un roman noir : Martin Poulibé annonce « L’Empire des Ombres »
L’acteur, producteur et réalisateur Martin Poulibé, figure incontournable du septième art au Cameroun, s’apprête à surprendre son public. Son premier roman, « L’Empire des Ombres », sera bientôt disponible sur Amazon.fr. Loin des plateaux de tournage, l’artiste explore cette fois les territoires sombres de l’âme humaine à travers un récit poignant sur le pouvoir, la trahison et la rédemption.
Un acteur camerounais à la croisée des chemins
Connu pour sa carrure imposante et sa présence magnétique à l’écran, Martin Poulibé n’en est pas à son premier coup d’essai littéraire. Auteur de bandes dessinées par le passé, il avait déjà flirté avec l’écrit, mais jamais avec une telle intensité. Aujourd’hui, avec « L’Empire des Ombres », il semble avoir trouvé une raison profonde d’écrire : raconter la chute.
Diplômé en histoire et archéologie, cet homme de spectacle a toujours eu le goût des récits. Au fil d’une carrière jalonnée de succès (notamment dans « Big Heart » ou « White Material » de Claire Denis), il a acquis une légitimité rare. Mais c’est en observateur des vices humains, en chroniqueur de son époque, que Poulibé se révèlera écrivain.
« Dans ce milieu, le pardon est perçu comme une faiblesse mortelle. La vengeance, un devoir sacré. » Extrait de « L’Empire des Ombres »
Plongée dans les abysses du crime
« L’Empire des Ombres » s’ouvre sur un prologue choc que nous avons pu lire : « La Trahison de l’Hiver ». Le narrateur, que l’on appelle le Baron, est un caïd sans scrupules. Il a bâti sa fortune sur l’alcool frelaté et les trafics en tout genre, achetant les consciences des puissants et foulant aux pieds une morale qu’il juge être une invention des faibles.
Mais l’histoire prend un tour tragique lorsque le Directeur des Douanes, un ami que le Baron avait lui-même intronisé, ose saisir sa marchandise. La vengeance est fulgurante, sans pitié : « J’effaçai son nom, sa lignée, jusqu’au souvenir de son existence. »
Le roman bascule du film de gangster à la tragédie grecque lorsque le héros, frappé par une crise cardiaque, se retrouve alité, impuissant. C’est dans la chambre stérile d’une clinique que son médecin, fidèle confident de vingt ans, lui servira l’ultime sentence.
Le sablier est vide
Dans une scène d’une force littéraire brutale, le médecin sort une bouteille de whisky, ce même poison que le Baron vendait aux foules, et lui dit :
« Bois, mon ami. À l’état où tu te trouves, que tu boives ou non, le sablier est vide. Il ne te reste que quelques battements pour compter tes regrets. »
Là réside tout l’art de Martin Poulibé : confronter l’homme d’argent brutal à l’inéluctable banalité de la mort. Le diamant ne protège pas de la faiblesse du cœur, et l’or ne repousse pas l’ombre de la Camarde.
De la page à l’écran, un même engagement
Si ce roman marque un tournant dans sa carrière, il s’inscrit toutefois dans la continuité des prises de position fortes de l’artiste. Acteur engagé, Martin Poulibé n’a jamais eu peur de bousculer les consciences. Cette fibre de justicier moral, cette obsession pour l’héritage culturel et l’éducation se retrouvent dans « L’Empire des Ombres » . Le Baron doit faire face à une faillite existentielle : celle de n’avoir jamais accordé de pardon.
Martin Poulibé impose ici une réflexion dense et grave sur la vanité des grandeurs humaines.
À paraître
« L’Empire des Ombres » sera bientôt disponible sur Amazon.fr. L’œuvre promet d’être un uppercut littéraire. L’écriture de Poulibé, viscérale et sans fioritures, rappelle le style sec des romans noirs scandinaves ou la noirceur des classiques américains.
À surveiller de près. La date de sortie sera annoncée prochainement.
Par Kenzo Brown



