Afrique du Sud : Coupe du monde 2010 : un documentaire relance la polémique de la grève des Bleus, Domenech crie à la trahison
L’affaire refait surface. Quinze ans après le fiasco de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, un documentaire intitulé « Le bus, les Bleus en grève » ravive les tensions autour de l’épisode le plus honteux de l’histoire de l’équipe de France de football. Et son principal protagoniste, l’ancien sélectionneur Raymond Domenech, ne décolère pas.
Diffusé le 13 mai dernier sur une célèbre plateforme de streaming, le film revient sur la grève des joueurs à Knysna, déclenchée après l’exclusion de Nicolas Anelka. Ce dernier avait été renvoyé du groupe à la suite de la publication par le journal L’Équipe d’un clash dans les vestiaires. Le quotidien lui prêtait alors des propos particulièrement virulents à l’encontre de Domenech : « Va te faire enculer, sale fils de pute ».
Sauf que, selon le documentaire, ces insultes n’auraient jamais été prononcées. L’ancien capitaine Patrice Evra et le défenseur William Gallas l’affirment devant la caméra. Mieux : Raymond Domenech lui-même reconnaît dans le film ne pas avoir été insulté. « Je suis formel, il ne me l’a jamais dit », déclare-t-il.
« Je m’en fous »
Alors que s’est-il vraiment passé ce jour-là ? D’après Domenech, le vrai problème est ailleurs. Ce qu’il reproche à Nicolas Anelka, ce n’est pas une insulte qu’il n’a jamais reçue, mais un tutoiement qu’il juge déplacé. Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’a jamais démenti les propos rapportés par L’Équipe, l’ex-sélectionneur balaie la question d’un ton désinvolte : « Parce que je m’en fous […] Mentir, démentir, ça m’importait peu. »
Un aveu étonnant qui n’a pas désarmé sa colère contre le documentaire lui-même. Dans un communiqué publié jeudi, Raymond Domenech a vivement fustigé une œuvre « à charge » contre sa personne. Il affirme que, contrairement à l’accord initial, son droit de regard avant la sortie officielle du film lui a été refusé. Une « trahison », selon lui.
« Ni un réquisitoire, ni une tribune »
La plateforme de streaming, de son côté, a répondu sèchement. Son documentaire n’est, assure-t-elle, « ni un réquisitoire, ni une tribune ». Juste une plongée dans un épisode qui continue, quinze ans plus tard, de diviser les anciens Bleus.
Reste une question : si Domenech n’a jamais été insulté, pourquoi le mythe a-t-il perduré aussi longtemps ? L’ex-sélectionneur semble avoir lui-même entretenu le flou. Aujourd’hui, alors que le documentaire fait polémique, c’est peut-être cette ambiguïté-là qu’il peine à digérer.
Par Rodrigue Izumo

