Afrique du Sud : La justice sud-africaine rejette la demande de libération sous caution de Kemi Seba et valide le mandat d’arrêt international
La Cour de Pretoria a rendu vendredi une décision qui fragilise sérieusement la situation judiciaire de l’activiste panafricaniste Kemi Seba. Sa demande de mise en liberté sous caution a été rejetée, ouvrant la voie à une procédure d’extradition vers le Bénin, dont le mandat d’arrêt international a été formellement reconnu par les juges sud-africains.
Stellio Gilles Robert Capo Chichi, connu sous le nom de Kemi Seba, devra donc rester incarcéré en Afrique du Sud. Selon des sources proches du dossier, l’activiste a tenté de faire de l’audience une tribune politique, mais la cour a maintenu les débats dans un cadre strictement juridique, lui refusant le droit de s’exprimer sur le fond.
Deux procédures distinctes
Avant toute décision sur l’extradition, Kemi Seba devra d’abord répondre de ses mouvements sur le territoire sud-africain. Le 8 juin 2026, il comparaîtra aux côtés de son fils et du militant sud-africain François van der Merwe. Tous trois sont poursuivis pour séjour irrégulier et tentative de sortie clandestine du pays.
Cette première audience sur le volet immigration est perçue comme un prélude au bras de fer juridique du 14 juillet 2026, date à laquelle la procédure d’extradition sera examinée au fond.
Le Bénin active la voie judiciaire
La menace la plus lourde pour l’activiste vient de Cotonou. Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a émis deux mandats d’arrêt internationaux distincts : le premier le 13 juin 2025 pour des faits présumés de blanchiment de capitaux, le second le 12 décembre 2025 pour apologie de crime et incitation à la haine et à la violence, ce dernier ayant été lancé après la tentative de coup d’État manquée du 7 décembre 2025 au Bénin.
Pour la justice béninoise, les discours de l’activiste et ses réseaux d’influence s’inscrivent dans une dynamique de déstabilisation des institutions de la République.
En validant le mandat d’arrêt international émis via Interpol, la justice sud-africaine a écarté un obstacle majeur à la procédure d’extradition. Kemi Seba devra désormais patienter derrière les barreaux jusqu’à l’été, loin des caméras et des réseaux sociaux.
Par Jérôme Wailifu

