Sénégal : divorce consommé entre Faye et Sonko, le Pastef claque la porte du gouvernement
L’idylle politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko appartient désormais au passé. Ce lundi 1er juin, le parti Pastef-Les Patriotes a annoncé qu’il ne participerait pas au prochain gouvernement sénégalais, après des tentatives infructueuses de rapprochement entre les deux hommes.
La décision, officialisée par un communiqué du Comité exécutif, intervient une semaine jour pour jour après le limogeage d’Ousmane Sonko de la tête du gouvernement. Un délai qui laisse peu de place au doute : la cassure est profonde et semble irréversible.
Au cœur du bras de fer, des discussions tendues entre un président en déplacement en Gambie et son ancien Premier ministre. Si le communiqué du Pastef reconnaît « des convergences », il pointe surtout « des points de désaccord » irréductibles, notamment sur « la place et le rôle de la majorité dans le dispositif exécutif ». Traduction : Sonko et ses partisans ne veulent pas d’un simple strapontin – ils entendent peser vraiment.
Après avoir consulté ses instances, le parti a soumis de nouvelles propositions à la présidence. Restées sans réponse favorable, elles ont scellé le divorce. « Pastef-Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », tranche le texte, sans ambiguïté.
C’est un séisme politique. Le duo Faye-Sonko, symbole flamboyant de l’alternance victorieuse de 2024, vole en éclats. L’un est à la présidence, l’autre reprend son bâton de maréchal en dehors du cercle du pouvoir. Mais dans quel camp ? Opposition frontale ? Soutien critique ? Simple retrait stratégique ? Le flou demeure.
Une seule certitude : le Sénégal entre dans une nouvelle ère politique, où le parti qui a porté Diomaye Faye à la magistrature suprême se tient désormais à distance. Reste à savoir si cette rupture annonce une recomposition durable ou une simple passe d’armes avant une énième réconciliation. En politique sénégalaise, les retournements de situation ne sont jamais loin.
Par Cherif Keita

