Mali : cinq ans de diplomatie de Transition, le bilan d’une refondation souverainiste
Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a présenté le 15 juillet 2026 le bilan de cinq années de politique étrangère menée sous la Transition, devant un parterre de diplomates, de parlementaires et d’universités à Bamako . L’occasion pour le chef de la diplomatie malienne de défendre une doctrine fondée sur quatre piliers : une diplomatie souveraine, sécuritaire, innovante et panafricaine .
Une diplomatie de rupture et de diversification
« La diplomatie, pendant cette période de Transition, a constitué, aux côtés de l’armée, l’une des premières lignes de défense de notre pays », a martelé Abdoulaye Diop . Selon lui, cette nouvelle approche repose sur trois principes cardinaux : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains du peuple malien et la défense des intérêts de l’État .
Sur le plan opérationnel, ce repositionnement stratégique s’est traduit par une diversification massive des partenariats. Bamako affirme avoir noué des relations solides avec des pays comme la Russie, la Chine, la Turquie, le Maroc ou encore les États-Unis, tout en renforçant son ancrage africain .
L’AES, vitrine de la nouvelle doctrine
La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) en 2023, puis de la Confédération AES le 6 juillet 2024, constitue l’une des principales réalisations diplomatiques de la Transition . Cette architecture régionale, qui unit le Mali, le Burkina Faso et le Niger, repose sur une défense collective et une intégration progressive, avec la mise en place d’une force antiterroriste conjointe et la création annoncée d’une Banque d’investissement commune .
Le retrait effectif des trois pays de la CEDEAO, officialisé le 29 janvier 2025, marque une rupture assumée avec les anciens équilibres régionaux .
Une diplomatie culturelle comme soft power
Le ministre a également mis en avant une diplomatie innovante, notamment à travers la promotion de la culture. L’élection du Mali au Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO pour 2026-2030 et la proclamation de la Journée internationale de la langue soninké en 2023 illustrent cette ambition de « changer la conversation » sur le Mali, au-delà des seuls enjeux sécuritaires .
À travers cet exercice de bilan, le gouvernement malien affirme avoir engagé une refondation de sa politique étrangère, avec l’ambition de construire des partenariats fondés sur l’égalité, la coopération et la défense des intérêts nationaux .
Par Cherif Keita

