Afrique : Le Burkina Faso se dote d’une usine de compteurs d’eau intelligents pour renforcer sa souveraineté hydraulique
Le Burkina Faso franchit une étape décisive dans sa politique d’indépendance économique. Réuni en Conseil des ministres le 29 mai dernier, le gouvernement a officiellement lancé la création de la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH). Cette nouvelle société d’économie mixte aura pour mission de produire localement des compteurs d’eau intelligents à prépaiement, marquant ainsi une rupture avec la dépendance quasi-totale aux importations.
Un projet stratégique pour l’eau potable
Dans un pays où l’accès à l’eau potable est un enjei majeur, la SOCIMAH ambitionne de couvrir les besoins croissants en équipements hydrauliques. La structure, dont le capital social est fixé à un milliard de francs CFA, sera détenue à 70 % par l’État burkinabè et à 30 % par des investisseurs privés.
Au-delà des compteurs intelligents, l’usine assemblera également du matériel et des outillages destinés à l’entretien et à l’extension des infrastructures hydrauliques existantes.
L’urgence de réduire la facture d’importation
La décision gouvernementale répond à une réalité chiffrée : l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) importe actuellement plus de 130 000 compteurs d’eau chaque année. Cette situation expose le pays aux aléas des chaînes d’approvisionnement mondiales et à la volatilité des prix internationaux.
« Produire localement, c’est nous prémunir contre les crises externes et alléger notre facture d’importation », souligne-t-on dans les milieux autorisés, justifiant ce projet comme un levier de souveraineté économique.
Quels bénéfices attendus ?
Les retombées attendues de ce projet sont multiples :
· Transfert de technologies et montée en compétences : l’usine favorisera la formation d’une main-d’œuvre qualifiée locale.
· Création d’emplois : des postes techniques et industriels devraient voir le jour.
· Émergence d’un tissu industriel local : la filière hydraulique pourra structurer des sous-traitants et fournisseurs burkinabè.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation industrielle du pays, visant à substituer localement des biens massivement importés. Le gouvernement parie sur la SOCIMAH pour moderniser la gestion de l’eau tout en dynamisant l’économie nationale.
Par Francis Kaboré

