Guinée : Menacé de mort pour avoir enquêté, Ibrahima Sory Barry chassé par ceux qui veulent étouffer la vérité
Il a osé. Il a enquêté. Il a publié. Aujourd’hui, Ibrahima Sory Barry, journaliste au média Vérité224, est contraint à l’exil. Non pas parce qu’il a menti. Non pas parce qu’il a nui. Mais parce qu’il a dit ce qu’il ne fallait pas dire. Parce qu’il a touché du doigt une vérité qui dérange. Parce qu’en Guinée, la liberté d’informer se paie encore au prix du sang et de l’exil.
Son crime ? Un article. Un seul. Un texte qui évoque l’implication présumée d’un homme politique guinéen dans une affaire de meurtre de son épouse au Canada. Des faits graves. Des accusations lourdes. Mais des accusations que ce journaliste a eu le courage de creuser, de vérifier, de publier. Pour que la lumière se fasse. Pour que les victimes, peut-être, aient un jour justice.
Et voilà la réponse. Pas des excuses. Pas des clarifications. Pas des procès en diffamation devant les tribunaux. Non. Des menaces de mort. Des appels anonymes. Des messages privés glaçants, déversés comme du poison dans la boîte de réception de ce père de famille.
« Préserver ma vie » : la phrase qu’aucun journaliste ne devrait avoir à prononcer
« Je suis préoccupé pour ma sécurité », confie-t-il, la voix serrée. Lisez bien cette phrase. Relisez-la. Un homme dont le métier est d’informer est contraint de dire : « j’ai quitté le pays pour préserver ma vie et assurer la sécurité de ma famille. »
C’est une honte. Une honte nationale.
Où est l’État dans tout ça ? Où sont les autorités qui devaient protéger ce journaliste ? Absentes. Silencieuses. Complices, peut-être, de ce système où les puissants peuvent tout se permettre, y compris faire taire des voix gênantes à coups d’intimidations.
La Guinée, tombeau de la liberté de la presse ?
On vante la liberté d’expression en Guinée. On parle de transition, de réformes, d’ouverture. Mais quand un journaliste est contraint à l’exil parce qu’il a enquêté sur un homme politique influent, que faut-il en penser ?
La vérité est crue : en Guinée, on peut enquêter sur la petite délinquance. On peut commenter le match de foot. Mais toucher aux puissants ? Remuer là où ça fait mal ? La réponse est immédiate, brutale, efficace. Menaces. Intimidations. Exil.
Un homme politique guinéen nommé ? Il est temps.
Nous exigeons des noms. Nous exigeons des réponses.
Quel est cet « homme politique guinéen » dont l’implication présumée dans un meurtre au Canada a valu à Ibrahima Sory Barry un déchaînement de haine ? Pourquoi ce nom reste-t-il dans l’ombre ? Pourquoi ce journaliste est-il seul à payer le prix de son courage ?
Si les accusations sont fausses, qu’il porte plainte. Qu’il aille devant la justice. Qu’il prouve son innocence. Mais que l’on cesse ces méthodes mafieuses dignes d’un État hors-la-loi.
Le silence est une complicité
À la rédaction de Vérité224, soutenez votre confrère. Publiez son nom. Révélez tout ce que vous savez. Ne le laissez pas seul.
Aux organisations de défense de la liberté de la presse (RSF, Reporters sans frontières, ONU), saisissez-vous de cette affaire. La Guinée doit être montrée du doigt.
Aux autorités guinéennes, si vous avez une once de dignité, ouvrez une enquête. Protégez Ibrahima Sory Barry. Permettez-lui de rentrer. Punissez ceux qui menacent la liberté d’informer.
L’exil forcé, dernière frontière de la lâcheté
Ibrahima Sory Barry est dehors. Loin de sa terre. Loin de sa rédaction. Loin de tout ce qu’il aime. Il a fui pour ne pas finir comme tant d’autres journalistes assassinés, bâillonnés, réduits au silence par la balle ou par la peur.
Son exil est une accusation. Elle pèse sur un régime incapable de protéger ceux qui font leur métier avec honneur.
Et nous, pendant ce temps, nous attendons. Nous attendons que quelqu’un, quelque part, ait le courage de dire « stop ». Stop aux menaces. Stop à l’impunité. Stop à la chasse aux journalistes.
Tant que ce jour ne viendra pas, la Guinène restera un cimetière pour la vérité.
Par Cherif Keita

