Afrique : AES : les diplomates préparent à Bamako le renforcement de l’unité confédérale

 

Les représentants chargés des questions diplomatiques au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) ont ouvert, ce 17 juin à Bamako, une réunion de deux jours consacrée à la coordination des actions extérieures du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Objectif : harmoniser les positions des trois pays sur les dossiers stratégiques avant leur examen par les ministres des Affaires étrangères, prévu dans les prochains jours.

Un pas de plus vers une diplomatie unifiée

L’ambassadeur Dié Milogo, représentant du Burkina Faso qui assure actuellement la présidence tournante de l’organisation, a ouvert les travaux dans la capitale malienne. Pendant deux jours, les délégations des trois États examinent plusieurs textes destinés à renforcer la coopération diplomatique et institutionnelle de la Confédération.

Cette réunion technique s’inscrit dans la continuité des efforts déployés depuis la création de l’AES en septembre 2023, transformée en Confédération en juillet 2024. Depuis leur retrait effectif de la CEDEAO en janvier 2025, les trois pays ont accéléré la mise en place de mécanismes communs autour de la sécurité, de la diplomatie et du développement.

Harmoniser les positions avant la rencontre ministérielle

Les discussions portent notamment sur les relations avec les partenaires internationaux, la représentation commune de l’AES sur la scène régionale et mondiale, ainsi que la défense des intérêts du bloc dans les instances internationales. Les experts travaillent à la traduction concrète des engagements pris afin de faciliter leur application sur le terrain.

Cette rencontre fait suite aux différents protocoles additionnels adoptés ces derniers mois, qui ont renforcé le cadre juridique de la coopération. L’un d’eux, relatif à la coordination diplomatique, exige désormais des États membres qu’ils coordonnent leurs positions sur les questions internationales, se coordonnent au sein des organisations mondiales et fournissent une assistance consulaire mutuelle.

Un enjeu stratégique dans un contexte régional mouvant

Pour Bamako, Ouagadougou et Niamey, le renforcement de la coordination diplomatique constitue un enjeu majeur dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres régionaux. Les trois pays ambitionnent de défendre des positions communes dans les instances internationales tout en consolidant l’autonomie stratégique de l’AES.

Les conclusions de la réunion serviront de base aux futures décisions des ministres des Affaires étrangères et pourraient ensuite être soumises à l’approbation des chefs d’État, conformément au processus institutionnel en place. Le Burkina Faso, qui assure la présidence tournante de la Confédération, devrait accueillir la prochaine session du Collège des chefs d’État dans les mois à venir.

La Confédération AES, forte de ses trois États membres, poursuit donc son chemin vers une intégration diplomatique renforcée. Les travaux de Bamako marquent une étape supplémentaire dans la consolidation de ce bloc sahélien qui entend peser sur la scène internationale et défendre une vision souveraine des relations avec ses partenaires.

Par Issa Abdou 

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