Grande Bretagne : Trooping the Colour 2026 : Charles III déchiré entre devoir royal et adieu familial

 

Le roi Charles III a présidé ce samedi 13 juin son quatrième Trooping the Colour en tant que souverain. Une journée de fête et de faste militaire. Mais dans l’ombre des drapeaux et des fanfares, un sacrifice douloureux : le roi a dû renoncer aux funérailles de sa cousine, Lady Pamela Hicks, décédée quelques jours plus tôt. Un choix impossible entre son devoir de souverain et son devoir de sang.

Londres vibrait. Depuis 10 heures, les troupes britanniques défilaient au rythme des tambours sur Horse Guards Parade. La famille royale, rassemblée au grand complet, saluait la foule depuis le balcon de Buckingham Palace. À 13 heures, le survol de la Royal Air Force achevait la cérémonie dans un tonnerre d’applaudissements.

Mais à 15 heures, à Brightwell Baldwin, dans l’Oxfordshire, une église de campagne accueillait un tout autre rassemblement. Celui des proches de Lady Pamela Hicks, cousine du roi, disparue à l’âge de 97 ans. Charles III, retenu par ses obligations protocolaires, n’a pas pu y assister. Un absent de marque, un adieu volé.

Qui était Lady Pamela Hicks ?

Elle était une légende vivante. Arrière-arrière-petite-fille de la reine Victoria. Demoiselle d’honneur d’Elizabeth II lors de son mariage avec le prince Philip. Dame de compagnie, confidente, témoin de l’Histoire. En 1952, elle était aux côtés de la jeune princesse au Kenya lorsque celle-ci apprit la mort de son père et son accession au trône.

Avec la disparition d’Elizabeth II, Lady Pamela Hicks était devenue la doyenne de la famille royale. Son décès, le 5 juin dernier, a plongé le roi dans une « grande tristesse », selon les mots de Buckingham.

Un roi déchiré

Charles III, dont le traitement contre le cancer a récemment été allégé, avait un emploi du temps déjà surchargé. Samedi matin, il assistait au mariage de son neveu Peter Phillips. Puis il se rendait au Betfred Derby Day, à plus de 160 km de là.

Mais c’est le conflit d’horaire avec les obsèques de Lady Pamela qui lui a imposé ce sacrifice. Une source proche du palais confie : « Le roi a profondément regretté de ne pouvoir être présent. Mais le Trooping the Colour est un engagement constitutionnel incontournable. Il n’a pas eu le choix. »

Un sacrifice dans l’ombre du cancer

Ce choix est d’autant plus lourd que Charles III, toujours en lutte contre le cancer, ménage ses forces. Les médecins lui ont conseillé de ne pas multiplier les déplacements. Mais le roi, fidèle à son devoir, n’a pas dérogé à ses obligations officielles. Quitte à payer le prix d’une absence douloureuse.

Avec la mort de Lady Pamela Hicks, c’est un pan entier de l’histoire royale qui s’efface. Elle fut l’une des dernières à avoir connu les coulisses intimes de la monarchie britannique, avant l’ère des médias et des scandales. Son souvenir restera gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont aimée, y compris celle d’un roi qui, ce samedi 13 juin, a dû choisir entre la couronne et le cœur.

Charles III n’a pas assisté aux funérailles de sa cousine. Mais son silence, ce jour-là, en disait long sur le poids de la couronne. Un poids qui, parfois, oblige les rois à pleurer en secret.

Par Frédéric Konaté 

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