Burkina Faso : Les étudiants désormais soumis à une autorisation gouvernementale pour étudier à l’étranger

 

Toute sortie d’un étudiant burkinabè vers l’étranger dans le cadre de ses études est désormais soumise à un feu vert préalable du gouvernement. Un nouveau décret, adopté en Conseil des ministres, instaure cette obligation, quelle que soit la situation financière de l’étudiant – boursier (État ou organisation internationale) ou autofinancé.

Cette autorisation, délivrée par le ministère de l’Enseignement supérieur, conditionne non seulement le départ mais aussi la reconnaissance des diplômes à venir. Les autorités préviennent en effet que tout titre obtenu sans ce sésame pourrait se voir refuser la validation au retour au pays.

Orienter les compétences vers les besoins nationaux

En officialisant cette réforme, le gouvernement justifie sa décision par une logique de planification des ressources humaines. L’objectif est d’orienter les jeunes vers des filières en phase avec les priorités de développement du Burkina Faso et les débouchés réels du marché du travail national. Une manière, pour les autorités, de lutter contre le phénomène des « diplômes-chômeurs » et d’éviter les formations trop éloignées des réalités économiques du pays.

Ce nouveau dispositif intervient un an après l’instauration, en mai 2025, de l’immersion patriotique obligatoire pour les nouveaux bacheliers – un stage d’un mois visant à renforcer les valeurs civiques et l’engagement national. La mesure avait concerné plus de 60 000 jeunes lors de sa phase pilote.

Avec ce décret, le gouvernement poursuit sa politique de refondation du secteur éducatif, en renforçant le contrôle des parcours académiques à l’international.

Si l’intention gouvernementale est claire, les modalités pratiques restent à préciser. Sur quels critères l’autorisation sera-t-elle accordée ou refusée ? Quelles sont les filières jugées prioritaires ? Les délais d’instruction seront-ils compatibles avec les calendriers universitaires étrangers ?

Autant de questions que les associations d’étudiants et les familles appellent le gouvernement à clarifier rapidement, alors que la rentrée universitaire à l’étranger approche pour de nombreux candidats au départ.

Par Francis Kaboré 

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