Ghana : Affaire Bashiru Isak : Accra et Pretoria s’affrontent sur les causes de la mort d’un Ghanéen en Afrique du Sud
Un incident tragique survenu au Cap menace de dégrader les relations diplomatiques entre le Ghana et l’Afrique du Sud. La disparition d’un citoyen ghanéen, intervenue dans un climat social tendu, a donné lieu à deux récits contradictoires.
Ce que dit Accra
Les autorités ghanéennes affirment que Bashiru Isak, âgé de 40 ans et exerçant la profession de tailleur, a trouvé la mort le 30 juin à Khayelitsha, dans la banlieue du Cap, lors d’affrontements liés à des manifestations hostiles aux migrants. Le ministère des Affaires étrangères à Accra a convoqué le haut-commissaire sud-africain pour exiger des éclaircissements, dénonçant un acte « insensé » et s’insurgeant contre ce qu’il perçoit comme une montée de la xénophobie.
La version sud-africaine
Pretoria oppose une fin de non-recevoir à ces allégations. Les autorités sud-africaines assurent qu’aucun décès n’est à déplorer lors des rassemblements du 30 juin et qualifient les accusations ghanéennes de « dénuées de fondement ». La police sud-africaine avance une autre hypothèse : le meurtre pourrait être lié à une tentative d’extorsion, et non aux mouvements anti-immigrés. Des incohérences subsistent par ailleurs sur l’identité et la date du décès, un autre Ghanéen de 35 ans ayant été abattu la veille dans un salon de coiffure.
Cette polémique intervient dans un contexte explosif : l’Afrique du Sud est secouée depuis plusieurs semaines par des manifestations hostiles à l’immigration clandestine. Des groupes radicaux avaient fixé au 30 juin un ultimatum pour le départ des étrangers en situation irrégulière, provoquant l’exode de plus de 25 000 personnes.
Alors que le pays lutte contre un chômage endémique, les tensions autour de la présence étrangère sont vives, certains estimant que les migrants aggravent la pression sur les services publics et la criminalité.
Le Ghana, qui a déjà saisi la Commission de l’Union africaine sur ce dossier, réclame une enquête internationale. En attendant, ses ressortissants présents en Afrique du Sud sont invités à la plus grande prudence.
Par Rodrigue Izumo

