Burkina : le ministère interdit le refus de soins sans évaluation préalable

Le ministère de la Santé a rappelé dans une circulaire du 6 juillet 2026 l’obligation pour tout établissement de santé d’accueillir et de prendre en charge les patients se présentant aux urgences. Aucun refoulement ou orientation ne peut désormais se faire sans une évaluation clinique préalable par un professionnel de santé .

Face au constat récurrent de patients refoulés ou redirigés sans examen médical — en raison de la saturation des services, du manque de lits ou de l’absence de fiche de référence — le secrétaire général du ministère, le Dr Joël Arthur Kiendrébéogo, a signé une circulaire qui rappelle fermement les règles .

Un principe : la vie humaine avant tout

Le texte insiste sur un point fondamental : la pyramide sanitaire est un outil d’organisation des soins, mais ne doit en aucun cas constituer un obstacle à la prise en charge d’une urgence . La protection de la vie humaine est érigée en priorité absolue, et le jugement clinique du soignant doit prévaloir sur toute application administrative rigide .

Les nouvelles obligations pour les établissements

La circulaire énonce plusieurs dispositions impératives :

· Évaluation obligatoire : tout patient se présentant aux urgences doit être accueilli avec diligence. Aucun refoulement ou orientation vers un autre hôpital ne peut intervenir sans une évaluation par un professionnel de santé compétent .
· Premiers soins systématiques : les contraintes matérielles, comme le manque de lits ou la saturation, ne peuvent justifier le refus d’une évaluation clinique ou des premiers soins indispensables .
· Stabilisation avant transfert : si un transfert s’avère nécessaire, il doit, dans la mesure du possible, être précédé de la stabilisation du patient et préparé en coordination avec la structure de destination .

Fin des refus pour absence de fiche

Pratique dénoncée par le ministère, le refus de soins au motif qu’un patient ne dispose pas d’une fiche de référence ou qu’il n’a pas suivi le circuit habituel de la pyramide sanitaire est désormais formellement interdit . Le système de référence et de contre-référence est rappelé comme un instrument au service de la continuité des soins, et non comme une barrière à l’accès aux urgences .

Les responsables des structures de santé sont chargés de veiller à l’application stricte de ces dispositions, qui visent à garantir un accès équitable et rapide aux soins d’urgence sur l’ensemble du territoire .

Par Francis Kaboré 

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