Tchad : RGPH-3 : Cœur et sueur : Quand le député Ngarmbatina Lamane laboure l’espoir dans les champs de Koul Est
Il y a des élus qui parlent du terrain… et il y a ceux qui y mettent les mains. L’honorable Ngarmbatina Lamane, député de Koul Est, appartient sans conteste à la seconde famille. En mission dans sa circonscription à l’occasion du RGPH-3, il aurait pu se contenter de discours convenus et de poignées de main protocolaires. Il a choisi l’inverse. Il a choisi la boue, la sueur et le partage.
Ce jour-là, sous un soleil de plomb qui cisèle les visages et durcit les terres, le parlementaire a sillonné les pistes poussiéreuses de son département, non pas en simple observateur, mais en acteur. Sa visite ? Un bain de réalité, une plongée au cœur des souffrances et des espérances du monde rural. « Je ne suis pas venu pour voir, je suis venu pour comprendre avec mes pieds et mes mains, » a-t-il lancé, avant d’enfiler une paire de bottes pour arpenter les champs.
Accueilli par une foule en liesse, mêlant agriculteurs au dos courbé et femmes au pagne noué serré, le député a écouté, longtemps, les cris du cœur des producteurs. Ils ont parlé de leurs nuits blanches à guetter la pluie, de leurs récoltes hypothéquées par le manque d’engrais, de leurs machettes émoussées faute d’équipements, et de ces banques qui tournent le dos à leur sueur. Chaque parole était un poids, chaque silence une prière. L’élu, le regard grave, a promis de se faire le porte-voix de cette détresse à l’Assemblée.
Mais le geste qui a fait basculer la journée fut celui, inattendu, qui a ému jusqu’aux larmes une vieille paysanne : le député a saisi la roue d’une charrue, s’est courbé et a labouré la terre aux côtés des hommes. La sueur perlant sur son front, les bras couverts de poussière, il a prouvé, sans un mot, qu’il était des leurs. « C’est en partageant leur peine qu’on comprend leur force, » a-t-il soufflé, le souffle court mais le cœur plein.
Puis vint l’instant de grâce. Autour d’une calebasse fumante de bili-bili, la bière de mil traditionnelle, le député s’est assis à même le sol, comme un fils du village, pour trinquer à l’avenir. Les rires ont éclaté, les langues se sont déliées. Ce n’était plus un élu et ses administrés, c’était une famille célébrant la vie, malgré tout.
« Un député, c’est un pont entre la souffrance et la solution, » a-t-il déclaré, la voix vibrante d’émotion. « Si je ne sens pas la terre sous mes ongles, comment prétendre défendre ceux qui la nourrissent ? »
Ce jour-là, à Koul Est, Ngarmbatina Lamane a semé bien plus que des promesses. Il a planté une graine de confiance, arrosée de larmes et de sueur. Les populations, debout, ont salué cet homme qui n’a pas « appelé d’aba » qui n’a pas compté ses efforts et qui a redonné des couleurs à un monde rural trop souvent oublié.
La terre, elle, se souviendra. Et les cœurs aussi.
L’émotion en un mot : Une fierté retrouvée, un avenir à cultiver ensemble.
Par Kenzo Brown

