États-Unis  : Trump annonce avoir « durement frappé » Téhéran en représailles

 

Les forces américaines ont mené une nouvelle vague de frappes contre l’Iran, huitième nuit consécutive d’affrontements, après la mort de trois soldats américains en Jordanie. Le président Donald Trump promet de continuer jusqu’à ce que l’Iran lâche prise sur le détroit d’Ormuz.

La tension entre Washington et Téhéran a atteint un nouveau palier ce week-end. Dans une déclaration solennelle, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis ont « vengé » les trois soldats tués lors des frappes iraniennes ces derniers jours.

« Cette nuit, nous leur avons de nouveau porté un coup très dur. Nous l’avons fait en l’honneur de ces deux, ou peut-être devrais-je dire trois, grands patriotes », a déclaré le président américain, avant d’ajouter : « L’Iran a été gravement touché. Sur le plan militaire, il a pratiquement tout perdu. Il ne lui reste presque plus rien. Quelques missiles, quelques drones et une certaine capacité de production militaire, mais pas grand-chose. »

Des frappes en représailles

Les frappes américaines, menées dans la nuit du 18 juillet, visaient les Gardiens de la Révolution islamique, l’élite militaire iranienne, en riposte à l’attaque qui a coûté la vie à deux soldats américains en Jordanie – un troisième étant initialement porté disparu avant que ses restes ne soient identifiés dimanche.

Selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), les cibles incluaient des « installations iraniennes de surveillance côtière, de défense aérienne, des capacités maritimes ainsi que des sites de stockage de missiles et de drones ». L’objectif affiché : « dégrader la capacité de l’Iran à menacer le transport maritime commercial » dans le détroit d’Ormuz.

Des images diffusées par l’armée américaine montrent des frappes menées par des chasseurs-bombardiers et des missiles de croisière Tomahawk tirés depuis la mer. L’une des cibles se trouvait apparemment dans une vallée de montagne, où les Gardiens de la Révolution dissimulent souvent leurs bases de missiles.

Téhéran menacé de « leçons inoubliables »

De son côté, le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu que l’Iran infligerait des « leçons inoubliables » aux États-Unis si les frappes continuaient. Un négociateur iranien a annoncé que Téhéran suspendait ses engagements dans le cadre de l’accord intérimaire conclu en juin, accusant Washington d’en violer les termes.

Le commandement militaire iranien a promis une « réponse décisive et dévastatrice » à toute nouvelle agression américaine.

Les affrontements, qui ont débuté par une lutte pour le contrôle du détroit d’Ormuz – par où transite un cinquième du pétrole mondial en temps de paix – ont désormais pris une ampleur régionale .

L’Iran a répliqué en frappant des bases américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn. Le Koweït a signalé des dommages sur des infrastructures civiles vitales, notamment des installations électriques et de dessalement d’eau . La Jordanie et Bahreïn ont activé leurs systèmes de défense aérienne face aux drones et missiles iraniens .

Israël a averti que des missiles tirés vers la ville jordanienne d’Aqaba, à sa frontière, pourraient provoquer des débordements sur son territoire – ce qui déclencherait les premières sirènes d’alerte en plusieurs semaines.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe a accusé l’Iran de crimes de guerre pour ses frappes contre les infrastructures civiles.

Un site nucléaire visé ?

Selon l’agence iranienne de l’énergie atomique, les frappes américaines ont visé le chantier d’une centrale nucléaire en construction dans le sud-ouest du pays . L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a précisé que ce site, à un « stade très précoce de construction », ne contenait pas de matières nucléaires lors de sa dernière visite .

Les autorités iraniennes font état d’au moins 50 morts et de plus de 500 blessés depuis le début de cette nouvelle vague d’affrontements . Côté américain, 17 soldats ont perdu la vie depuis le début du conflit le 28 février, et plus de 430 ont été blessés .

Le détroit d’Ormuz au cœur du conflit

Les États-Unis ont rétabli un blocus naval des ports iraniens pour stopper les exportations de pétrole brut . Le trafic dans le détroit d’Ormuz est tombé à huit transits samedi, contre une moyenne de près de 140 avant la guerre .

Le président Trump menace de continuer à cibler les centrales électriques et les ponts iraniens pour contraindre Téhéran à relâcher son emprise sur la voie navigable stratégique un scénario qui semble déjà en cours .

Les appels à la retenue se multiplient, mais pour l’heure, aucune issue diplomatique ne semble se profiler alors que la guerre entre dans sa neuvième nuit consécutive.

Par Frédéric Konaté 

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