Bangladesh : le président Mohammed Shahabuddin démissionne pour raisons de santé
Âgé de 76 ans, le chef de l’État bangladais a officiellement remis sa démission ce vendredi 24 juillet, deux ans avant la fin de son mandat. Il invoque des problèmes de santé multiples qui ne lui permettent plus d’exercer ses fonctions.
La nouvelle est tombée vendredi. Mohammed Shahabuddin, président du Bangladesh depuis avril 2023, a présenté sa démission au président du Parlement, Hafiz Uddin Ahmad, conformément à la Constitution .
Dans sa lettre, l’ancien chef de l’État explique souffrir de « multiples problèmes de santé » qui affectent ses capacités physiques et mentales. Selon les informations disponibles, il serait notamment atteint de neuropathie autonome – une affection provoquant des pertes de connaissance brèves – ainsi que de complications cardiaques, d’hypertension et de diabète .
« Il ne m’est plus possible d’exercer correctement mes responsabilités à cause de la maladie, qui affecte mes aptitudes physiques et mentales », écrit-il dans sa lettre adressée au président du Parlement, dont l’AFP a obtenu une copie .
Élu sans opposition par le Parlement en 2023 sous l’égide de la Ligue Awami, le parti de l’ex-Première ministre Sheikh Hasina, Mohammed Shahabuddin était considéré comme un proche de l’ancien régime .
Lorsque le soulèvement étudiant a renversé Sheikh Hasina en août 2024, le président avait annoncé sa démission et sa fuite en Inde voisine . Mais depuis, les appels à son propre départ se sont multipliés .
Les tensions se sont intensifiées après qu’il a été accusé d’avoir eu une conversation téléphonique avec l’ex-Première ministre lors d’un séjour médical à Londres en mai dernier – une allégation qu’il a fermement démentie .
Au Bangladesh, la fonction présidentielle est largement honorifique. Le pouvoir exécutif est détenu par le Premier ministre et son gouvernement. Mais le chef de l’État joue néanmoins un rôle symbolique important, notamment dans la passation des pouvoirs .
« C’est lui qui avait annoncé en août 2024 la démission de Mme Hasina et sa fuite en Inde, après plusieurs semaines d’émeutes antigouvernementales sévèrement réprimées par les forces de sécurité » .
Une transition prévue par la Constitution
Conformément aux articles 50(3) et 54 de la Constitution bangladaise, le président du Parlement assure désormais l’intérim de la présidence. Une nouvelle élection présidentielle doit être organisée dans un délai de 90 jours .
Sa démission intervient alors que le Bangladesh connaît une période de recomposition politique. Après l’intérim dirigé par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté les élections législatives de février dernier, portant son chef à la tête du pays .
Mohammed Shahabuddin, qui devait initialement rester en fonction jusqu’en avril 2028, aura finalement dirigé le pays pendant un peu plus de trois ans, au cours d’une période parmi les plus tumultueuses de l’histoire récente du Bangladesh .
Par Issa Abdou

