Niger : 28 opérateurs économiques suspendus pour rétention frauduleuse de ciment

Dans le cadre de sa politique de soutien aux populations, le gouvernement nigérien a décidé de frapper fort. Ce 23 juillet, le ministère du Commerce et de l’Industrie a signé un arrêté suspendant les activités de commercialisation du ciment 32.5 pour 28 opérateurs économiques, accusés de rétention frauduleuse de stocks massifs.

Cette mesure, prise sur le fondement de la loi de 2019 relative à la concurrence, intervient alors que l’État mène une vente promotionnelle du ciment 32.5 à prix réduit, dans le but de faciliter l’accès des ménages à ce matériau essentiel pour la construction.

Une opération sociale menacée par des pratiques spéculatives

Depuis le 26 juillet 2023, le CNSP (Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie) a engagé une politique nationale de soutien aux populations. Parmi les mesures phares figure la vente promotionnelle du ciment 32.5, dont le prix a été fixé entre 54 000 et 60 000 F CFA la tonne selon les régions.

L’objectif est clair : permettre aux ménages nigériens, particulièrement touchés par la crise du logement dans les centres urbains, d’accéder à des matériaux de construction à des prix abordables. Une initiative saluée par la population, mais qui semble avoir attisé les appétits de certains opérateurs peu scrupuleux.

Rétention frauduleuse : des pratiques inacceptables

Selon les autorités, les 28 opérateurs suspendus se seraient livrés à une rétention frauduleuse de stocks massifs de ciment, créant artificiellement une pénurie sur le marché. Cette pratique, qui vise à faire flamber les prix, est strictement interdite par la loi de 2019 relative à la concurrence.

« Ces comportements spéculatifs compromettent les efforts de l’État pour préserver le pouvoir d’achat des Nigériens », a souligné le ministère dans un communiqué. « La suspension est une mesure conservatoire qui permettra de garantir l’effectivité de la vente promotionnelle et de protéger l’intérêt général. »

Au Niger, comme dans de nombreux pays sahéliens, le ciment est un matériau de première nécessité. La crise du logement, particulièrement aiguë dans les grandes villes comme Niamey et Zinder, pousse les autorités à agir sur les coûts de construction.

En rendant le ciment plus accessible, le gouvernement espère faciliter l’accès à un logement décent pour les ménages à revenus modestes. La vente promotionnelle du ciment 32.5 s’inscrit dans cette logique, tout comme la répression des pratiques spéculatives qui la menacent.

La suspension des 28 opérateurs est une mesure temporaire, mais les autorités n’excluent pas d’aller plus loin. Conformément à la loi sur la concurrence, des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre les contrevenants, qui risquent des amendes substantielles et, dans certains cas, des peines d’emprisonnement.

« L’État ne tolérera aucune entrave à sa politique sociale », a prévenu une source proche du ministère. « La lutte contre la vie chère est une priorité, et ceux qui cherchent à en profiter pour s’enrichir sur le dos des populations en paieront le prix. »

Sur les marchés et dans les quartiers de Niamey, la nouvelle a été accueillie avec soulagement. « Enfin, l’État agit ! », s’exclame un habitant du quartier de Gamkallé. « Avec la flambée des prix, construire une maison était devenu un luxe. Cette mesure va permettre à beaucoup de familles de se loger dignement. »

Les associations de consommateurs ont également salué cette décision, appelant à une vigilance accrue sur les pratiques des opérateurs économiques.

La suspension des 28 opérateurs n’est que la dernière mesure en date d’une politique de soutien aux populations que le CNSP mène depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2023. Subventions sur les produits de première nécessité, baisse des prix du ciment, soutien aux agriculteurs… Les autorités multiplient les initiatives pour atténuer les difficultés économiques des Nigériens.

La lutte contre la vie chère est une priorité affichée, et le gouvernement semble déterminé à ne rien laisser passer. Les 28 opérateurs suspendus pourraient bien être les premiers d’une longue liste, si d’autres pratiques spéculatives venaient à être découvertes.

Par Cherif Keita 

Commentaires Facebook