Ouganda : le Parlement approuve l’envoi de soldats à Gaza
L’Assemblée nationale ougandaise a autorisé jeudi le déploiement d’un contingent militaire dans la bande de Gaza, dans le cadre de la future Force internationale de stabilisation (ISF) prévue par le plan de paix américain pour le territoire palestinien.
La motion, présentée par le ministre de la Défense, Kiryowa Kiwanuka, a été adoptée après un débat tendu, malgré les vives protestations de l’opposition. Celle-ci a dénoncé une procédure jugée précipitée pour engager des soldats dans l’une des zones de conflit les plus volatiles du monde .
Le ministre Kiwanuka a justifié cette décision en invoquant la longue expérience de l’armée ougandaise (UPDF) dans les opérations de paix, notamment en Somalie, au Soudan du Sud et en République centrafricaine . Il a précisé que le déploiement faisait suite à une demande formelle, formulée en juillet 2026 par le président américain Donald Trump, et s’inscrivait dans le cadre de la Résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies .
Les objectifs et le contexte de la mission
La mission vise à stabiliser Gaza après le conflit dévastateur déclenché par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 . Les soldats ougandais auront pour tâches de soutenir l’acheminement de l’aide humanitaire, de sécuriser les corridors logistiques et de participer au maintien de l’ordre dans les zones définies par le mandat onusien .
Kiryowa Kiwanuka a assuré que le contingent resterait neutre, respecterait le droit international humanitaire et se concentrerait sur la protection des civils . La force internationale, dirigée par le général américain Jasper Jeffers, pourrait compter jusqu’à 20 000 soldats . D’autres pays, comme le Maroc, ont également promis des troupes .
Vives préoccupations au Parlement
Malgré l’approbation finale, de nombreux députés ont exprimé des réserves. L’opposition a déploré un manque de temps pour étudier les implications juridiques, militaires et diplomatiques de l’engagement .
Le député Paul Mwiru a souligné : « Nous engageons des soldats ougandais dans une zone de guerre active. Le Parlement mérite un délai adéquat pour consulter les experts et comprendre toutes les implications. »
Des élus ont également évoqué les risques spécifiques à Gaza, un théâtre de guerre urbaine où il est difficile de distinguer combattants et civils .
Le député John Baptist Nambeshe a alerté : « Ce n’est pas comme les autres théâtres. Gaza est une zone de guerre active où la distinction entre combattants et civils est extrêmement difficile. »
Enfin, la question du positionnement diplomatique de l’Ouganda, membre de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a été soulevée par le député Hassan Kirumira : « De quel côté notre armée va-t-elle se battre ? »
La motion a néanmoins été adoptée à une majorité de voix, ouvrant la voie à un déploiement dont les effectifs et le calendrier restent encore à préciser .
Par Jérôme Wailifu

