Côte d’Ivoire : Guiglo : Un jeune homme meurt noyé après un contrôle de gendarmerie, des échauffourées éclatent à Paris-Léona

Un contrôle de gendarmerie a viré au drame dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre 2026, près de Petit-Guiglo. Un jeune homme de 24 ans a trouvé la mort après avoir plongé dans la rivière Konhi pour échapper aux forces de l’ordre. Sa disparition a déclenché une vague de violences dans son village d’origine.

La sous-préfecture de Guiglo, dans la région du Cavally, a été le théâtre d’une nuit de tensions et de violences. Tout a commencé lors d’un contrôle routier effectué par les gendarmes à un corridor situé près de l’École primaire publique (EPP) de Petit-Guiglo. Selon des témoignages recueillis sur place, deux jeunes circulant à moto, en provenance de Paris-Léona et en direction de Guiglo, ont été interpellés par les forces de l’ordre.

Si le conducteur du deux-roues, présenté comme étant de nationalité burkinabè, a réussi à prendre la fuite, son passager, identifié comme Guillaume Gyon Gbêh, âgé de 24 ans, a tenté de son côté de se soustraire au contrôle. Selon les informations disponibles, le jeune homme transportait dans son sac des comprimés présentés comme du « Tramadol ».

Poursuivi par les gendarmes, Guillaume Gyon Gbêh se serait dirigé vers la rivière Konhi, située à proximité du corridor de contrôle, avant de se jeter dans l’eau. Il n’en serait jamais ressorti. Il convient de noter que cette rivière est considérée comme une eau « sacrée » par les populations locales, ce qui a ajouté une dimension symbolique et émotionnelle au drame.

Colère et échauffourées à Paris-Léona

L’annonce de la mort du jeune homme a provoqué une vive émotion à Paris-Léona, son village d’origine. Dans les heures qui ont suivi, la colère a éclaté. Des jeunes auraient incendié plusieurs installations de contrôle des gendarmes sur l’axe reliant Paris-Léona à Guiglo.

Dans la matinée du samedi 19 septembre, le bilan des dégâts était visible : des traces de gaz lacrymogène, des blessés ainsi qu’une maison incendiée ont été constatés dans la localité. Le marché hebdomadaire, un événement important pour la vie économique locale, n’a pas pu se tenir en raison des tensions persistantes.

Face à la gravité de la situation, des renforts de la gendarmerie et du district de police de Guiglo ont été déployés dans la zone pour ramener le calme. Le dispositif sécuritaire a également été renforcé sur l’axe stratégique Guiglo-Zagné-Taï.

Pour l’heure, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les circonstances exactes de la fuite de Guillaume Gyon Gbêh, les conditions précises dans lesquelles il est tombé dans la rivière et les causes exactes de son décès restent à déterminer. De même, les responsabilités dans les incendies et les destructions enregistrés après le drame devront être établies par les autorités compétentes.

Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur ces événements tragiques survenus entre les 18 et 19 septembre 2026.

Par Frédéric Konaté 

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