Guinée : Coup de couteau à Yimbaya École : un amant sierra-léonais tué par sa compagne
La nuit est tombée sur Yimbaya École, mais le calme n’est pas revenu. Mercredi, un jeune Sierra-Léonais a été mortellement poignardé par sa compagne au cœur d’une dispute amoureuse qui a viré au drame. L’onde de choc traverse encore le quartier.
Une querelle de jalousie qui bascule dans l’irréparable
Tout a commencé par une dispute ordinaire, entre un homme et une femme partageant le même toit – ou presque. Dans ce secteur proche du nouveau siège de la mairie de Gbessia, les deux amants vivaient dans des chambres séparées mais mitoyennes. Ce mercredi, la jalousie a envenimé la conversation. Les mots ont cédé la place aux coups. Et dans la violence de l’échange, la jeune femme a attrapé un couteau.
Un coup suffit. La victime s’effondre, grièvement blessée. Les secours n’arriveront pas à temps. « Il était déjà mort sur place », atteste Aboubacar Sylla, le chef de quartier, qui montre encore les traces de sang maculant le sol.
Un quartier sous le choc, des arrestations en cascade
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. En quelques minutes, une foule de jeunes, révoltés par l’horreur de la scène, envahit les lieux. La tension est à son comble. Les forces de l’ordre procèdent à une série d’interpellations pour calmer les esprits.
La présumée meurtrière a été placée en garde à vue à la gendarmerie. Mais elle n’est pas la seule : plusieurs jeunes présents au moment des faits ont également été embarqués. Deux groupes distincts ont été constitués : trois suspects conduits à la base militaire, trois autres transférés au CMS de Cameroun. L’enquête ne fait que commencer.
Une communauté étrangère au centre des crispations
Ce drame réveille aussi une question qui divise le quartier : la présence massive de ressortissants sierra-léonais dans le secteur. Le chef de quartier ne mâche pas ses mots. Il affirme avoir déjà, par le passé, ordonné leur expulsion face à ce qu’il considère comme une occupation anarchique.
« Je les avais tous déguerpis. Mais ils sont revenus s’installer en douce, soi-disant pour travailler sur le chantier de l’hôpital », déplore-t-il. Il réclame aujourd’hui la démolition des paillotes et des baraques où ces familles se sont réinstallées, et assure avoir alerté sa hiérarchie.
Le corps de la victime, d’abord transporté vers une base militaire, a finalement été évacué vers l’hôpital de Donka pour les constats d’usage. Pendant ce temps, le quartier retient son souffle, dans l’attente des conclusions d’une enquête qui promet de faire la lumière sur ce passage à l’acte tragique.
Par Frédéric Konaté

