Cameroun : Route Bafia-Ndikiniméki : 16 morts, 42 blessés, le ministre des Transports suspend les licences des transporteurs en cause
La route camerounaise a de nouveau payé son tribut. Vendredi 14 août, au lieu-dit Nomale, un accident d’une rare violence a fauché seize vies et blessé 42 personnes. Le ministre des Transports, saisi de cette tragédie, a immédiatement annoncé des sanctions lourdes contre les responsables.
Le choc : un bus contre un camion-fantôme
Tout s’est joué en quelques secondes. L’autocar de la compagnie Mangwa Boy, roulant à vive allure, a percuté un ensemble de véhicules articulés appartenant à Tata Emmanuel. Le camion, mal stationné sur la chaussée et en charge débordante, a joué le rôle d’obstacle mortel.
Bilan : douze morts sur le coup, quatre autres succombant à l’hôpital de Bafia. Le chauffeur du bus est parmi les victimes. Quarante-deux blessés, certains dans un état critique, sont actuellement pris en charge.
Les premières accusations du ministère
Le communiqué du ministère des Transports ne mâche pas ses mots. Deux coupables sont désignés :
· Mangwa Boy Company Ltd : son bus circulait sans dispositif de sécurité et de surveillance homologué. Le conducteur, qui a payé de sa vie son imprudence, roulait en excès de vitesse.
· Tata Emmanuel : il est accusé d’exercice illégal de la profession de transporteur routier. Son camion, mal stationné et surchargé, a créé le piège.
Sanctions : l’heure de la fermeté
Le ministre des Transports a pris des mesures conservatoires, sans attendre les conclusions de l’enquête :
Mangwa Boy Company Ltd
· Suspension des licences d’exploitation
· Immobilisation immédiate de toute la flotte
· Audit complet de conformité technico-administrative
Tata Emmanuel
· Retrait définitif de la licence de transport
· Immobilisation des véhicules
· Suspension du permis de conduire pour un an
· Amende de 5 millions de FCFA
« Ces mesures n’excluent pas les poursuites judiciaires pénales », précise le ministre, laissant planer la menace d’une procédure criminelle
Seize familles en deuil, 42 blessés, des vies brisées. Cet accident, parmi les plus meurtriers de l’année, relance une fois de plus le débat sur l’état des routes, l’état des véhicules et le non-respect des règles. Les Camerounais attendent des actes, pas seulement des communiqués. En attendant, les enquêteurs poursuivent leurs investigations, tandis que la colère monte chez les proches des victimes.
Par Georges Domo

