Niger : Raffinerie de Dosso : le pays signe un contrat à 1,9 milliard $ avec le canadien Zimar

Le Niger a officialisé ce samedi 15 août un partenariat public-privé avec le groupe canadien Zimar pour la construction d’une raffinerie de 100 000 barils/jour à Dosso, dans le sud-ouest du pays. Un projet colossal, évalué à 1,9 milliard de dollars, qui marque une étape clé dans la quête de souveraineté énergétique du pays sahélien.

Un modèle BOT sur 16 ans

La convention prévoit un montage classique de type BOT (Build, Operate, Transfer) : trois années de travaux, suivies de treize ans d’exploitation confiée au partenaire privé, avant un transfert intégral des installations à l’État nigérien. Ce schéma vise à concilier attractivité pour l’investisseur et contrôle public à long terme.

Un virage technique et des délais serrés

Initié en octobre 2024 par un simple mémorandum, le projet a connu une inflexion majeure en juin 2026 : l’option d’une raffinerie modulaire, jugée trop légère, a été abandonnée au profit d’une raffinerie classique, plus coûteuse mais plus pérenne. Ce changement traduit une volonté affichée de rigueur, après des critiques émises par des associations de lutte contre la corruption et des membres de la diaspora, qui s’interrogeaient sur la crédibilité de Zimar.

Désormais, le calendrier s’annonce serré. Zimar dispose de quatre mois pour boucler le financement et l’ingénierie détaillée, et de douze mois pour la finalisation financière. Le non-respect de ces échéances pourrait remettre en cause l’ensemble du processus.

Un pari stratégique pour le Sahel

En cas de succès, cette raffinerie – l’une des plus grandes d’Afrique de l’Ouest – permettrait au Niger de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers et d’affermir sa position au sein de l’Alliance des États du Sahel. Reste à savoir si le partenaire canadien parviendra à transformer l’essai dans les délais impartis. Réponse dans quatre mois.

Par Issa Abdou 

Commentaires Facebook