Monde : Nobel de la paix : Trump affirme qu’il « mérite » le prix et prévient que le comité se « discréditerait » sans lui

 

À quelques heures de l’annonce du prix Nobel de la paix, le président américain assure avoir « réglé huit guerres » et « empêché l’anéantissement total du monde ». Le comité norvégien, lui, garde le silence.

Il ne pouvait pas laisser passer l’occasion. À quelques heures seulement de l’annonce du prix Nobel de la paix, Donald Trump a de nouveau réclamé haut et fort la récompense, prévenant que le comité norvégien se « discréditerait » s’il ne la lui décernait pas.

« Je ne sais pas quelle sera leur décision. Ils ont la réputation de ne pas le décerner à des gens comme moi », a déclaré le président américain face aux journalistes. « Mais ce serait une honte pour eux. Je ne dis pas cela par mépris. »

« J’ai réglé huit guerres »

Le président américain a justifié sa candidature avec le ton habituel. Il affirme avoir « réglé huit guerres » — un chiffre qu’aucun autre dirigeant n’aurait atteint, selon lui. Il assure également avoir « empêché l’anéantissement total du monde » en empêchant l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

« L’Iran n’aura jamais la bombe. C’est une bonne chose. Une très bonne chose », a-t-il insisté.

Ce n’est pas la première fois que Trump évoque ce bilan. Depuis plus d’un an, il répète cette formule des « huit guerres » comme argument central de sa politique étrangère.

Mais quelles sont ces « huit guerres » ?

Selon un inventaire réalisé par les médias américains, la liste avancée par Trump mélange des conflits de nature et d’ampleur très variables :

· Arménie et Azerbaïdjan : accord de paix signé à la Maison-Blanche en août 2025, après des décennies d’affrontements
· République démocratique du Congo et Rwanda : accord annoncé en juin 2025, mais les combats se sont poursuivis depuis
· Israël et Iran : cessez-le-feu annoncé en juin 2025 après les frappes américaines sur les installations nucléaires iraniennes
· Inde et Pakistan : Trump revendique un rôle dans le cessez-le-feu, ce que New Delhi n’a jamais confirmé
· Cambodge et Thaïlande : trêve obtenue en juillet 2025, rompue en décembre, avant une nouvelle médiation menée par d’autres acteurs
· Israël et Hamas : contribution américaine à l’accord de cessez-le-feu à Gaza
· Égypte et Éthiopie : il s’agit en réalité d’un différend diplomatique autour d’un barrage sur le Nil, jamais transformé en conflit armé
· Serbie et Kosovo : accord de normalisation économique signé lors du premier mandat de Trump, mais le contentieux territorial reste entier

Plusieurs analystes estiment que cette liste « exagère nettement » l’ampleur réelle de l’action américaine. Certains conflits ont été très brefs, d’autres n’ont jamais pris une forme militaire.

La démarche de Trump intervient dans un contexte particulier. Le prix Nobel de la paix 2025 a été décerné à la dirigeante de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado. Cette dernière a ensuite remis sa médaille à Trump, affirmant qu’il « méritait davantage » cette distinction.

Le président américain a d’ailleurs évoqué cet épisode mercredi, laissant entendre que ce « soutien » d’une lauréate devrait peser dans la décision du comité.

La décision attendue ce vendredi

Le prix Nobel de la paix sera annoncé ce vendredi à Oslo. Le comité norvégien, fidèle à sa tradition, n’a fait aucun commentaire sur les pressions publiques. Son processus de sélection reste strictement confidentiel.

Trump, lui, semble déjà préparer sa réaction en cas de refus. « Quelle que soit leur décision, ce que j’ai fait compte bien plus que ce prix », a-t-il répété.

Reste une question : qu’un président américain en exercice réclame aussi ouvertement un prix Nobel de la paix constitue, en soi, un fait rare dans l’histoire politique moderne. La réponse tombera dans quelques heures.

Par Frédéric Konaté 

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