Afrique : Diplomatie : Le Togo en passe d conclure un accord de paix entre la RDC et le Rwanda d’ici fin juin

 

Alors que l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) reste plongé dans une insécurité persistante, une initiative de médiation conduite par le Togo, sous la houlette du président Faure Gnassingbé, semble gagner en crédibilité sur la scène internationale. Les États-Unis ont salué, ce 8 mai, les progrès réalisés dans ce processus diplomatique discret, mais ambitieux.

À la tête du Conseil présidentiel de la médiation, Faure Gnassingbé s’emploie depuis plusieurs semaines à rapprocher les positions de la RDC et du Rwanda, deux pays aux relations tendues depuis 2022, en raison de la présence du groupe armé M23 dans le Nord-Kivu, soutenu, selon Kinshasa, par Kigali.

Une architecture diplomatique en cours de consolidation

Le Togo mène cette médiation loin des projecteurs, avec une approche inclusive et pragmatique centrée sur la sécurisation des frontières, le retrait des forces étrangères, la réintégration régionale et la stabilisation économique.

Dans ce contexte, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est rendu à Kinshasa pour transmettre un message personnel du président Gnassingbé au président congolais Félix Tshisekedi, réaffirmant l’engagement de Lomé pour une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Soutien international et échéance de fin juin

Selon une source proche du département d’État américain, un accord-cadre est en cours de rédaction et pourrait être finalisé dans les trois prochaines semaines, si les contributions de la RDC et du Rwanda sont soumises à temps.

Une réunion consultative à Lomé est prévue courant mai avec la participation des deux pays concernés, ainsi que des partenaires du groupe de contact, à savoir les États-Unis, la France et le Qatar, ce dernier ayant déjà dépêché une délégation officielle à Lomé.

Une ambition diplomatique assumée

L’objectif affiché est clair : signer un accord d’ici fin juin 2025. Toutefois, plusieurs défis demeurent : la méfiance mutuelle entre Kinshasa et Kigali, la situation sécuritaire instable sur le terrain, et la complexité des agendas d’autres initiatives régionales, notamment celles de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de l’Union africaine (UA).

Déjà impliqué dans les crises malienne et burkinabè, Faure Gnassingbé confirme son ambition de positionner le Togo comme un acteur clé de la diplomatie africaine, autonome et axée sur des résultats concrets.

Si la volonté de paix est au rendez-vous des deux côtés, la médiation togolaise pourrait marquer un tournant décisif pour la stabilité de l’Est de la RDC.

Par Frédéric Konaté 

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