Afrique du Sud : Julius Malema dénonce la xénophobie et pointe l’impasse des violences anti-étrangers

Le leader des Economic Freedom Fighters (EFF) et député Julius Malema a vivement critiqué, ce mercredi lors d’un rassemblement pour la Journée des travailleurs, les violences xénophobes qui frappent les ressortissants africains en Afrique du Sud. Selon lui, ces attaques constituent un dangereux détournement de la colère sociale et n’apportent aucune réponse aux maux chroniques du pays que sont le chômage et la pauvreté.

Devant une foule de sympathisants, le tribun de l’opposition s’en est pris directement aux campagnes hostiles visant des communautés étrangères, notamment les Zimbabwéens, Nigérians et Ghanéens, souvent accusés sans preuves de « voler les emplois » des Sud-Africains.

« Fermer des commerces, agresser des étrangers ou chasser des entrepreneurs ne crée pas un seul emploi. Au contraire, cela aggrave la précarité économique dans nos quartiers », a lancé Julius Malema, dénonçant l’inefficacité et les conséquences désastreuses de ces actions violentes.

Le député a par ailleurs rejeté toute tentation de capitaliser électoralement sur la haine identitaire – une stratégie observée chez certaines formations politiques locales. Il a été catégorique : « Je ne veux pas du soutien de ceux qui cautionnent les violences contre d’autres Africains vivant sur notre sol. »

Affirmant une ligne panafricaniste constante, le leader de l’EFF a précisé son opposition ferme à l’exclusion des enfants africains des écoles sud-africaines ainsi qu’au refus de soins pour les femmes enceintes issues d’autres pays du continent. « Cela n’arrivera jamais avec moi », a-t-il martelé.

Cette sortie intervient dans un contexte tendu où l’Afrique du Sud connaît une recrudescence des tensions xénophobes dans plusieurs régions (Gauteng, KwaZulu-Natal). Les violences sont alimentées par un chômage record dépassant les 32 %, des frustrations sociales croissantes et des pressions politiques autour de la question migratoire à l’approche des échéances électorales.

En replaçant le débat sur la responsabilité politique face aux violences ciblant les étrangers, Julius Malema relance la discussion nationale, mettant indirectement en cause l’incapacité du gouvernement de Cyril Ramaphosa à endiguer ce fléau et à proposer des solutions structurelles à la crise économique.

Par Rodrigue Izumo

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