Afrique du Sud : l’audience sur l’extradition de Kémi Séba reportée au 20 novembre
Ce mercredi 23 septembre 2026, la justice sud-africaine a de nouveau examiné la demande d’extradition de l’activiste panafricaniste Kémi Séba vers le Bénin, sans rendre de décision. L’affaire a été renvoyée au 20 novembre 2026.
Détenu depuis le 13 avril 2026 en Afrique du Sud, le conseiller spécial du chef de l’État nigérien reste en attente. L’audience de ce mercredi, initialement présentée comme une étape clé de la procédure, s’est soldée par un nouveau report. La justice sud-africaine a également fixé au 6 octobre prochain l’examen d’une procédure distincte liée à son statut migratoire.
Les faits : infraction migratoire et demande d’extradition
Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, avait été interpellé le 13 avril 2026 dans un centre commercial de Pretoria, alors qu’il se trouvait en compagnie de son fils âgé de 18 ans. La police sud-africaine l’accuse d’avoir tenté de rejoindre l’Europe via le Zimbabwe muni de documents de voyage non conformes. Un intermédiaire, qui aurait perçu environ 250 000 rands (près de 15 000 dollars) pour faciliter ce passage, avait été arrêté en même temps que lui.
Parallèlement, Cotonou a émis un mandat d’arrêt international à son encontre, reprochant à l’activiste d’avoir publiquement soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025 au Bénin. Les autorités béninoises l’accusent notamment d’« apologie de crimes portant atteinte à la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion ». Une demande formelle d’extradition a été transmise à Pretoria.
Des reports successifs
Ce n’est pas la première fois que la procédure est retardée. L’audience du 11 août avait été annulée en raison d’une coupure d’électricité dans la prison où est détenu Kémi Séba, l’empêchant d’être présenté au tribunal. La date avait alors été repoussée au 23 septembre. Une précédente audience, fixée au 14 juillet, avait également été ajournée.
Lors d’audiences antérieures, la défense avait contesté les conditions de détention et déposé une demande de libération sous caution, sans succès. Ses avocats devraient plaider que les accusations béninoises revêtent un caractère politique et exprimer des craintes quant à l’équité d’un procès au Bénin.
Kémi Séba s’est vu délivrer un passeport diplomatique nigérien en août 2024 et a été nommé conseiller spécial du président Abdourahamane Tiani. Pourtant, depuis son arrestation, les autorités nigériennes sont restées relativement discrètes et n’ont pas engagé de vaste offensive diplomatique pour obtenir sa libération. Selon plusieurs analystes, l’Afrique du Sud, membre des BRICS et puissance majeure du continent, représente un partenaire que Niamey hésite à mécontenter dans sa stratégie de diversification de ses alliances.
Il convient de noter qu’après son arrestation, des rumeurs avaient circulé sur un prétendu retrait de son passeport diplomatique et de son statut de conseiller, information ensuite démentie. Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, avait publiquement confirmé que Kémi Séba détenait toujours un passeport diplomatique nigérien.
Figure connue pour ses positions anti-françaises et son militantisme panafricaniste, Kémi Séba a été déchu de la nationalité française en 2024, avant d’être accueilli par Niamey. Avec ce nouveau renvoi au 20 novembre, cette affaire mêlant enjeux judiciaires et diplomatiques entre plusieurs États continue de susciter l’attention.
Par Rodrigue Izumo

