Afrique : La Namibie engrange 25 millions de dollars grâce à son nouveau système de visa à l’arrivée

 

En seulement onze mois, la Namibie a généré 413 millions de dollars namibiens, soit environ 25 millions de dollars américains, grâce à son nouveau système de visa à l’arrivée, mis en œuvre depuis mars 2025. Cette réforme, qui a également supprimé l’exemption de visa pour 33 pays, dont les États-Unis, le Canada, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, marque un tournant dans la politique migratoire du pays.

Lancé le 3 mars 2025, le système de visa électronique et de visa à l’arrivée a connu un succès fulgurant. Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, de l’Immigration, de la Sécurité et de la Protection, pas moins de 289 510 visas ont été délivrés entre le lancement du dispositif et le 31 janvier 2026 . Ce flux de visiteurs a permis de remplir les caisses de l’État à hauteur de 413 millions de dollars namibiens .

Une mesure de réciprocité diplomatique

La décision namibienne s’inscrit dans une logique de réciprocité et d’équité diplomatique. Le gouvernement a en effet supprimé l’exemption de visa pour les citoyens de 33 pays qui, jusqu’alors, n’accordaient pas le même privilège aux détenteurs de passeports namibiens . Parmi ces pays figurent les États-Unis, le Canada, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne .

« La Namibie a accordé des gestes de bonne volonté et un traitement favorable aux ressortissants de nombreux pays. Malgré ces efforts, certaines nations n’ont pas répondu sur le même plan », a déclaré le ministère de l’Immigration namibien . « Face à cette disparité, le gouvernement a jugé nécessaire d’instaurer une obligation de visa pour garantir la parité et l’équité dans les interactions diplomatiques » .

Un système conçu pour faciliter l’entrée des visiteurs

Contrairement aux procédures souvent lourdes imposées aux détenteurs de passeports africains, le système namibien a été pensé pour simplifier le parcours des voyageurs. Les visiteurs des pays concernés peuvent obtenir leur visa de 90 jours (au coût de 90 dollars) directement à l’arrivée, que ce soit à l’aéroport international Hosea Kutako de Windhoek ou aux principaux postes frontaliers . Il est également possible d’effectuer la demande en ligne avant le départ via la plateforme dédiée .

Le ministère a par ailleurs réfuté les allégations de dysfonctionnements, affirmant que le système fonctionnait bien et avait déjà généré 100 millions de dollars namibiens de recettes dès le mois de mai 2025, tout en ayant accueilli plus de 70 000 touristes . L’e-visa a depuis été amélioré pour servir également de formulaire de visa à l’arrivée, permettant un traitement plus fluide .

Le Royaume-Uni, l’un des pays concernés par cette nouvelle mesure, a réagi avec diplomatie. Le Haut-commissaire britannique en Namibie, Charles Moore, a déclaré respecter le droit de la Namibie à imposer de nouvelles réglementations, rappelant que le Royaume-Uni avait lui-même instauré un régime de visa pour les Namibiens en raison d’un afflux de demandeurs d’asile .

Cette réforme namibienne s’inscrit dans un contexte plus large où les pays africains cherchent à rééquilibrer des relations diplomatiques souvent asymétriques en matière de circulation des personnes. Elle témoigne également de la volonté de Windhoek de renforcer sa sécurité nationale tout en facilitant le tourisme, l’investissement et la croissance économique .

Par Rodrigue Izumo 

Commentaires Facebook