Burkina : À Baporo, Ibrahim Traoré veut faire des prisons des « centres de production » et non des « mouroirs »
En route pour Bobo-Dioulasso, le Capitaine Ibrahim Traoré a marqué un temps d’arrêt, mardi, au Centre pénitentiaire agricole de Baporo (Sanguié). Une visite historique, saluée par l’administration pénitentiaire, qui a permis au chef de l’État de dévoiler sa feuille de route pour un système carcéral plus humain et productif.
Au cœur de la prison agricole de Baporo, le président du Faso n’a pas seulement inspecté un champ de maïs de 40 hectares. Il a livré une vision : celle d’une prison qui forme, nourrit le pays et prépare la réinsertion, loin des modèles qu’il rejette.
« Humaniser » en formant
« La prison doit être humaine », a tranché Ibrahim Traoré devant les détenus, critiquant implicitement les modèles carcéraux « impérialistes ». Pour y parvenir, il mise sur les Travaux d’intérêt général (TIG). Objectif : permettre aux prisonniers de « travailler pour la Nation » tout en acquérant un métier.
Concrètement, le chef de l’État a annoncé une réduction du nombre de prisons sur le territoire, au profit de leur concentration dans « les zones de production ». Une façon de rompre avec l’enfermement passif et de transformer la peine en opportunité.
Un héritage sankariste relancé
Créé en 1986 sous Thomas Sankara, le CPAB n’a jamais aussi bien porté son nom. En 2025, il a déjà produit 240 tonnes. Pour 2026, l’ambition est de passer à 782,5 tonnes sur plus de 300 hectares.
Pour accompagner ce virage, un bâtiment R+1 de 500 places, construit pour 500 millions FCFA, a été inauguré. « Vous serez des citoyens modèles de demain », a promis le président aux pensionnaires, assurant que le ministère de la Justice veillerait à leur accompagnement.
Loin des discours sécuritaires, Ibrahim Traoré propose une réforme structurelle : des prisons moins nombreuses, plus grandes, et systématiquement adossées à des terres agricoles. Baporo devient ainsi le laboratoire d’une justice pénale nouvelle au Burkina Faso.
Par Francis Kaboré

