Tchad : Les enseignants de N’Djaména menacent de relancer une grève, dénonçant des « engagements non tenus »

 

Le climat social dans le secteur éducatif tchadien reste sous tension. Le syndicat des enseignants de N’Djaména a annoncé, mardi 21 avril lors d’un point de presse dans la capitale, une possible reprise de la grève. Cette menace intervient en réaction à ce qu’ils considèrent comme un non-respect des engagements pris par les autorités et une dégradation persistante de leurs conditions de travail.

Les représentants syndicaux ont dénoncé l’absence d’avancées concrètes sur plusieurs revendications majeures. Parmi celles-ci figurent en priorité le paiement des arriérés de salaires ainsi que la mise en place effective de la prime de rendement, pourtant promise par le gouvernement.

Un décret en souffrance et des retenues jugées illégitimes

Au cœur du litige se trouve également le retard dans l’application du décret 2850. Ce texte, dont les délais d’exécution avaient pourtant été fixés par l’exécutif, tarde à entrer en vigueur, bloquant selon le syndicat toute sortie de crise. « Cette lenteur administrative est inacceptable. Elle paralyse le dialogue et pénalise les personnels », a martelé un porte-parole du mouvement.

Un autre point de friction majeur concerne les retenues opérées sur les salaires du mois de février 2026. Le syndicat les juge « injustifiées » et réclame leur remboursement intégral et sans condition, estimant que cette mesure a aggravé la défiance envers la hiérarchie.

Face à l’impasse actuelle, les enseignants appellent les autorités, et plus particulièrement le ministère en charge de l’Éducation, à intervenir rapidement pour restaurer un dialogue constructif. À défaut de réponses concrètes, le mouvement syndical prévient qu’il pourrait engager de nouvelles actions, dont un arrêt de travail, dans un secteur déjà fragilisé par une succession de tensions.

« Nous ne voulons pas la paralysie du système éducatif, mais nous ne pouvons plus continuer à subir cette situation », a confié un enseignant présent au point de presse. Le spectre d’une grève imminente plane désormais sur les établissements scolaires de la capitale, au moment où le gouvernement tarde à apaiser le mécontentement.

Par Kenzo Brown 

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