Burkina Faso : Études supérieures : le pays dit « non » à l’expatriation de ses meilleurs éléments

Les premiers de la promotion 2026 du baccalauréat n’iront pas grossir les rangs des universités étrangères. Le gouvernement burkinabè a tranché : ils poursuivront leur cursus sur place. Une décision qui marque un tournant dans la politique éducative nationale, assortie de moyens nouveaux et d’un message clair adressé aux familles.

Fin de la course aux diplômes à l’étranger

C’est un changement de paradigme qu’a annoncé le professeur Samuel Paré, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, sur le plateau de la télévision publique. À la veille de l’ouverture de la Semaine nationale de l’information et de l’orientation post-baccalauréat (SNIOP), le responsable gouvernemental a été sans équivoque : les lauréats les plus méritants de la session en cours sont désormais appelés à construire leur avenir académique au pays.

« Ce n’est pas une décision prise à la légère. Les conditions sont créées pour cela », a-t-il martelé, balayant d’emblée les critiques sur une éventuelle précipitation.

Des infrastructures nouvelles pour retenir les talents

Pour crédibiliser cette orientation, l’exécutif met en avant un atout de taille : l’Académie technologique du Faso (ATF), qui accueille ses premiers étudiants dès cette rentrée. Spécialisée dans les métiers de l’ingénierie, cette structure a pour vocation de former des profils de haut niveau répondant aux besoins prioritaires du pays.

L’objectif affiché est clair : faire émerger une génération de compétences locales capables de porter les grands chantiers nationaux, sans dépendre des formations exogènes.

 

Bourses en hausse et accompagnement renforcé

Le volet financier a été soigneusement préparé pour soutenir cette réforme. Le gouvernement a porté de 2 300 à 3 000 le nombre de bourses destinées aux nouveaux bacheliers. Une enveloppe qui sera complétée par un dispositif d’aides sociales élargi, afin de garantir à tous les étudiants retenus des conditions de vie et d’étude décentes.

Le professeur Paré a profité de cette tribune pour déconstruire un mythe tenace : celui selon lequel l’excellence académique passerait nécessairement par l’expatriation. « L’excellence n’est pas une destination. Il ne faut pas forcément s’expatrier pour pouvoir être excellent », a-t-il lancé, avant d’assurer que « les meilleures offres de formation sont désormais disponibles localement ».

Une manière de rassurer les familles, souvent inquiètes face à l’offre universitaire nationale perçue comme limitée.

Une autorisation désormais exigée pour tout départ

Cette annonce s’inscrit dans un dispositif réglementaire plus large. Depuis la réunion du Conseil des ministres du 25 juin dernier, tout étudiant burkinabè – qu’il soit boursier ou non – souhaitant effectuer des études, un stage ou une formation hors des frontières nationales doit impérativement solliciter une autorisation préalable du ministère de tutelle.

Une mesure qui vise à encadrer les départs et à privilégier, dans la mesure du possible, les filières locales.

La SNIOP 2026, vitrine de la nouvelle carte universitaire

La 11ᵉ édition de la SNIOP, qui s’ouvre ce mardi à Ouagadougou, servira de première vitrine à cette politique. Placée sous le thème « Appropriation de la carte universitaire pour une meilleure contribution des apprenants au développement socio-économique du Burkina Faso », elle permettra aux futurs étudiants de découvrir l’offre de formation locale et de mesurer les opportunités désormais accessibles sans quitter le sol national.

Par Francis Kaboré 

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