Cameroun : Bamenda : le commissaire central dément formellement les rumeurs de « disparition de sexe » et met en garde contre la justice populaire
Le commissaire central de la police de Bamenda, Emmanuel Mbock, a fermement démenti, ce mardi, les rumeurs alarmantes faisant état d’une prétendue « disparition de sexe » dans la ville. Des allégations qu’il qualifie de « totalement fausses » et dangereuses pour la cohésion sociale.
Invité sur les antennes de TEBECK TV, le commissaire a lancé un appel solennel au calme et à la retenue à l’endroit de la population. « Ces rumeurs sont sans fondement et ne reposent sur aucun fait vérifiable. Leur propagation peut avoir des conséquences graves », a-t-il martelé, tout en mettant en garde contre le recours à la justice populaire.
Cette mise au point du responsable policier intervient après un violent incident survenu dans le quartier de Santa Park, où une mère de quatre enfants, Madame Anne Marie, a été prise pour cible par une foule en colère. La victime a été accusée d’avoir fait disparaître le sexe d’un homme. Selon des témoignages recueillis sur place, l’accusation a été proférée après que l’homme a ramassé un billet de 10 000 FCFA qu’elle aurait accidentellement laissé tomber.
La situation a rapidement dégénéré. Des témoins rapportent que l’épouse de l’accusateur s’en est prise violemment à Madame Anne Marie, la frappant à plusieurs reprises et tentant même de lui lancer une pierre, avant que d’autres individus ne se joignent à l’agression.
Intervenue rapidement après avoir été alertée par un témoin, la police a pu secourir la victime. Par mesure de sécurité, Madame Anne Marie a été placée en garde à vue, afin de la soustraire à la vindicte populaire.
Le commissaire Mbock a par ailleurs confirmé que l’auteur des accusations, ainsi que son épouse, ont été interpellés. Ils sont actuellement détenus au commissariat central de Bamenda et devront répondre de leurs actes devant la justice.
Les autorités réitèrent leur appel à la population : rejeter les rumeurs et s’abstenir de se faire justice soi-même. « De tels actes, basés sur des accusations infondées, peuvent avoir des issues tragiques. La loi est là pour protéger chacun », a conclu le commissaire.
Par Georges Domo

