Cameroun : Enlèvement à Madingring : un enseignant en route pour le BEPC victime des ravisseurs, rançon de 10 millions FCFA exigée
L’axe Guidjiba-Tcholliré, dans la région du Nord, est de nouveau le théâtre d’un drame. Un enseignant originaire de Madingring, qui se rendait à Tcholliré pour le centre de correction du BEPC, a été enlevé par des hommes armés. Ses ravisseurs réclament une rançon de 10 millions de FCFA pour sa libération .
Ce nouveau rapt intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu sur ce tronçon routier, tristement connu pour être un coupe-gorge où les enlèvements contre rançon se multiplient .
Un itinéraire à haut risque
Quelques jours avant cet événement, plusieurs enseignants avaient déjà été pris en otage au même endroit alors qu’ils revenaient d’examens officiels . L’axe Guidjiba-Tcholliré est devenu une zone de non-droit où les voyageurs, qu’ils soient fonctionnaires, religieux ou simples citoyens, sont régulièrement la proie de groupes armés .
L’archidiocèse de Garoua avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme après l’enlèvement du père Valentin Mbaïmbarem, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Madingring, survenu le 7 mai sur la même route. L’abbé, enlevé en même temps que cinq autres personnes, a finalement été libéré dans la nuit du 15 au 16 mai après huit jours de captivité. Mais l’un des otages, un enseignant nommé Diguerse Mathias, n’a pas survécu à l’épreuve .
La tentative d’enlèvement du 10 mai dans un village proche de Garoua, qui avait conduit à la libération d’un otage grâce à l’intervention de la gendarmerie, n’a malheureusement pas suffi à dissuader les ravisseurs .
Alors que les autorités peinent à sécuriser cet axe stratégique, les enseignants, qui assurent le bon déroulement des examens officiels, se retrouvent en première ligne. Leur engagement pour l’éducation nationale devient, dans cette région, un véritable acte de bravoure.
Par Georges Domo

