Cameroun : Le cinéaste Bassek Ba Kobhio, fondateur d’Écrans Noirs, s’est éteint à 69 ans

C’est une terrible nouvelle qui a frappé le monde de la culture cette nuit. Bassek Ba Kobhio, figure emblématique et légende vivante du cinéma en Afrique, est décédé à Yaoundé des suites d’une maladie. Il avait 69 ans.

Un pionnier du cinéma engagé

Réalisateur exigeant et profondément humain, Bassek Ba Kobhio s’est imposé dès les années 1990 comme l’une des voix les plus singulières du continent. À travers ses œuvres iconiques — Sango Malo (1991) et Le Grand Blanc de Lambaréné (1995) —, il a posé un regard à la fois critique, poétique et lucide sur les sociétés postcoloniales.

Ses films, salués bien au-delà des frontières africaines, continuent d’alimenter la réflexion sur l’identité, l’histoire et l’émancipation culturelle du continent.

Écrans Noirs : un héritage vivant

Au-delà de son travail de cinéaste, Bassek Ba Kobhio était un bâtisseur. En créant le Festival Écrans Noirs à Yaoundé, il a offert au public et aux professionnels un carrefour incontournable du cinéma africain. Grâce à son engagement sans relâche, ce festival est devenu un véritable tremplin pour les jeunes réalisateurs, contribuant significativement à la mise en lumière des acteurs et à la diffusion d’un cinéma « fait par les siens ».

« Un géant nous a quittés »

Sur les réseaux sociaux, l’émotion est immense. De nombreux hommages saluent la mémoire d’un homme généreux, combatif et d’une rare cohérence. Une affiche réalisée par Ibrahim Makombe accompagne les condoléances : « Le rideau est tombé. Tu nous laisses un héritage immense : celui de l’audace de raconter nos propres histoires avec nos propres mots. Repose en paix, Maître. »

Un vide difficile à combler

Avec la disparition soudaine de Bassek Ba Kobhio, le Cameroun perd un ambassadeur de sa culture, l’Afrique un de ses plus grands conteurs, et le septième art l’un de ses pionniers les plus lucides. Si le rideau est tombé sur sa vie, sa lumière continuera d’éclairer les générations futures de cinéastes.

La rédaction  du journal l’œil du Sahara présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toute la famille du Festival Écrans Noirs.

Reposez en paix, Maître.

Par Georges Domo 

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