Cameroun : Un évêque catholique préfère le diable à Paul Biya
Le Cameroun est secoué par une polémique suite aux propos fracassants de Monseigneur Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yagoua, dans l’Extrême-Nord du pays. Lors d’une homélie prononcée à l’occasion du Nouvel An, le prélat a exprimé son exaspération face à la situation socio-politique du Cameroun sous le régime du président Paul Biya, en place depuis plus de quatre décennies.
« Même le diable ferait moins de mal au Cameroun »
Dans son sermon, Monseigneur Barthélemy Yaouda Hourgo n’a pas mâché ses mots : « On ne va pas souffrir plus que ça encore. On a déjà souffert. Le pire ne viendra pas. Même le Diable qu’il prenne d’abord le pouvoir au Cameroun et on verra après. » Une déclaration qui a immédiatement provoqué une onde de choc dans tout le pays et alimenté un vif débat sur la scène publique et politique.
L’évêque a souligné la souffrance persistante du peuple camerounais, marquée par une pauvreté généralisée, une gouvernance critiquée et un avenir incertain pour les jeunes générations.
Un cri partagé par d’autres prélats
Cette déclaration rejoint les récentes prises de position de deux autres figures importantes de l’Église catholique camerounaise :
Samuel Kleda, archevêque de Douala, qui avait déjà exprimé son opposition à une nouvelle candidature de Paul Biya : « Cela n’est pas réaliste… À un moment donné, nous quittons ce monde, nous ne pouvons pas faire des miracles. »
Emmanuel Abbo, évêque de Ngaoundéré, qui a dénoncé la répression de la liberté d’expression et les conditions de vie précaires des Camerounais : « Comment est-il possible que l’appel désespéré des Camerounais ne pousse pas les responsables à agir ? »
La riposte des partisans du pouvoir
Les réactions ne se sont pas fait attendre du côté des partisans du président Paul Biya. Jean De Dieu Momo, ministre délégué à la justice, a fermement condamné les propos de Monseigneur Barthélemy : *« Comment un évêque peut-il avoir l’outrecuidance d’inviter le diable au Cameroun au prétexte qu’on a trop souffert ? Une telle exagération est non seulement blasphématoire mais aussi attentatoire aux fondements bibliques. »
Par Georges Domo

