États-Unis : New York – Le G24 appelle à une refonte de l’architecture financière mondiale pour sauver les économies émergentes
En marge des réunions de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) à New York, le G24, qui regroupe les pays émergents et en développement, a lancé ce jeudi un vibrant plaidoyer pour une réforme structurelle du système financier international. Face à la multiplication des chocs externes et à une fragilité croissante, le collectif intergouvernemental alerte sur un risque majeur d’effacement « des années de progrès » pour les nations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Présidé par le Nigérian Olawale Edun, le G24 dresse un tableau alarmant de la conjoncture économique des pays du Sud. Pris en étau entre l’explosion des coûts de l’énergie, le retrait massif des capitaux privés et une accumulation de crises, leurs économies se retrouvent « paralysées ». Selon le groupe, la vulnérabilité liée à l’endettement atteint désormais un seuil critique, menaçant directement les capacités de financement de la croissance.
Face à cette impasse, le G24 exhorte le FMI à « assumer pleinement son rôle de garant de la stabilité financière » en recentrant ses actions sur ses missions macroéconomiques fondamentales. Loin des critiques purement frontales, le collectif propose une série de mesures concrètes pour renforcer la résilience des pays émergents :
· Renforcer les mécanismes de prévention des crises financières internationales.
· Diversifier les sources de financement en créant une synergie accrue entre les banques multilatérales et les acteurs financiers nationaux.
· Améliorer l’accès au crédit pour les PME, présentées comme les « véritables poumons économiques » du Sud.
· Accélérer le développement des infrastructures financières locales pour accroître l’autonomie et la résilience.
Le G24 dénonce par ailleurs un « décalage persistant » entre les programmes imposés par le FMI et la réalité du terrain. Il réclame des « réformes audacieuses » en matière de restructuration de la dette, afin de protéger les nations les plus exposées, souvent contraintes de choisir entre rembourser leurs créanciers et investir dans leur propre population.
Enfin, le groupe met en garde : l’urgence climatique ne doit pas être occultée par les tensions économiques actuelles. Il appelle à des « innovations financières » capables de mobiliser les ressources nécessaires pour une transition écologique juste, qui ne sacrifierait pas le développement des économies africaines.
Alors que les débats battent leur plein à New York, le défi pour les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) reste entier : réussir l’équilibre périlleux entre la gestion des crises à court terme et le financement pérenne du développement durable.
Par Frédéric Konaté

