États-Unis : Trump affirme que les électeurs noirs et métis « affluent » vers le Parti républicain en raison de leur rejet du socialisme
Le président américain a déclaré sur Truth Social que les minorités se souviennent qu’Abraham Lincoln était républicain. Des sondages récents contredisent toutefois cette affirmation, montrant un recul du soutien à Trump dans ces communautés.
Le président Donald Trump a une nouvelle fois attaqué le socialisme et le communisme, ce dimanche 9 août, en affirmant que les électeurs noirs et métis se tournent massivement vers le Parti républicain. « Les électeurs noirs et métis ne veulent ni du communisme ni du socialisme. Pas étonnant qu’ils se tournent en masse vers le Parti républicain ! Ils se souviennent qu’Abraham Lincoln était républicain ! », a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social .
Cette déclaration s’inscrit dans une offensive rhétorique que Trump mène depuis plusieurs mois contre les socialistes démocrates . Elle intervient après que plusieurs candidats membres de la Democratic Socialists of America (DSA) ont remporté des primaires démocrates, notamment à New York . Le président avait déjà qualifié le communisme de « cancer » lors de son discours du 4 Juillet et avait déclaré en Géorgie : « Avec le communisme, tout part en fumée » .
Un appel à l’héritage de Lincoln
En évoquant Abraham Lincoln, le président Trump mobilise un symbole puissant : le 16e président des États-Unis, qui a signé la Proclamation d’émancipation en 1863, était effectivement républicain . Ce n’est pas la première fois que le président américain se réclame de cet héritage : il avait déjà affirmé en juin 2024 avoir fait « plus pour la communauté noire que tout président depuis Abraham Lincoln » .
Toutefois, les historiens rappellent que le Parti républicain de 1860 n’a que peu de liens avec le parti actuel. La question des droits civiques a provoqué un « réalignement idéologique » au cours du XXe siècle, les positions des deux grands partis sur les questions raciales s’étant inversées .
Des chiffres qui contredisent l’affirmation présidentielle
Alors que Donald Trump évoque un « afflux massif » d’électeurs noirs et métis vers le camp républicain, plusieurs médias américains ont publié des données contredisant cette affirmation .
Selon The Atlantic, qui s’appuie sur de récents sondages, Trump serait en train de « perdre du soutien parmi les électeurs noirs et hispaniques, et particulièrement chez les hommes » . Les données de Bloomberg Government placent la cote d’approbation de Trump chez les électeurs noirs à seulement 16 % .
Du côté des électeurs hispaniques, la tendance est également à la baisse : après avoir remporté près de la moitié des suffrages hispaniques en 2024, le parti républicain ne recueille aujourd’hui que 27 % à 35 % des intentions de vote pour les élections de mi-mandat .
Une stratégie de diabolisation du socialisme
La sortie de Donald Trump s’inscrit dans une stratégie plus large visant à associer le Parti démocrate au socialisme et au communisme, des termes largement rejetés par l’électorat américain. Les victoires de candidats DSA lors de primaires démocrates ont offert une cible au président républicain .
Cependant, Theodore R. Johnson, chercheur en politique noire et contributeur au Washington Post, estime que cette stratégie ne correspond pas à la réalité des électeurs noirs. « Les sondages n’apportent pas de clarté, constatant que la plupart des électeurs noirs soit n’ont pas d’opinion sur le socialisme démocratique, soit ne sont pas certains de ce que cela signifie »
Cette prise de position intervient alors que les élections de mi-mandat approchent et que la bataille pour l’électorat minoritaire s’intensifie. Les efforts républicains pour redessiner les circonscriptions et imposer des lois sur l’identification des électeurs sont perçus par de nombreux observateurs comme des tentatives de supprimer le vote des minorités .
La DSA, de son côté, continue de s’opposer fermement aux politiques migratoires de Donald Trump qu’elle qualifie de « racistes », ainsi qu’au soutien américain à Israël .
Par Jérôme Wailifu

