États-Unis : Washington envisage une opération terrestre en Iran pour s’emparer de l’uranium enrichi

 

Face aux limites des frappes aériennes, les États-Unis étudient un scénario inédit : une incursion massive au sol pour saisir ou détruire les stocks d’uranium enrichi iraniens. Une mission qualifiée de « plus sophistiquée de l’histoire militaire », qui nécessiterait des milliers de soldats et des unités d’élite. Mais le président Trump lui-même en reconnaît les périls : « L’Iran n’est pas le Venezuela où l’on entre puis l’on sort. »

Cinq mois après le début du conflit, les objectifs affichés par Washington – démantèlement du programme nucléaire et changement de régime – restent hors de portée . Selon une analyse du New York Times reprise par plusieurs médias, le Pentagone explore désormais une option radicale : une opération terrestre d’envergure pour extirper l’uranium enrichi des sites les plus fortifiés de la République islamique .

L’impasse militaire est patente. Les frappes aériennes, bien que massives, n’ont pas neutralisé les stocks de matière fissile, qui pourraient avoir été déplacés vers des bunkers souterrains réputés imprenables . D’autant que les réserves de missiles intercepteurs américains s’amenuisent après deux semaines d’échanges intenses, limitant la marge de manœuvre de l’armée américaine .

La mission la plus complexe de l’histoire militaire ?

Le plan, tel que dévoilé par le New York Post et confirmé par plusieurs sources, est d’une ambition démesurée .

· Phase 1 – Sécurisation du périmètre : Des milliers de soldats terrestres seraient déployés pour encercler les sites nucléaires, neutraliser les champs de mines et les pièges, et ouvrir les entrées endommagées des complexes souterrains .
· Phase 2 – Extraction : Une petite équipe de forces spéciales – incluant des Navy SEALs, des Army Rangers et la 21ᵉ compagnie de munitions (spécialisée dans les matières dangereuses) – pénétrerait alors dans les installations pour saisir ou détruire le matériel fissile .

Les cibles prioritaires seraient les complexes de Fordow, d’Ispahan, ainsi que la montagne Pickaxe, près de Natanz, où Téhéran aurait déplacé des centaines de centrifugeuses après les premiers raids . Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran disposait en 2025 de plus de neuf tonnes d’uranium enrichi .

Joseph Rodgers, directeur adjoint du Center for Strategic and International Studies (CSIS), estime que « les négociations n’avançant pas, l’option militaire devient la plus probable ». Il ajoute : « Je pense que ce serait l’une des opérations les plus sophistiquées, voire la plus sophistiquée, de l’histoire militaire » .

Des risques majeurs et l’ombre du Venezuela

Cette opération comporte des dangers considérables. Les installations ont été renforcées et minées en prévision d’une telle éventualité . Richard Goldberg, ancien responsable du Conseil de sécurité nationale, résume le dilemme : « Combien de temps pouvez-vous soutenir cela tout en parvenant à exfiltrer toutes vos forces ? »

Surtout, le président Trump lui-même a tempéré les ardeurs interventionnistes. Comparant l’Iran au Venezuela – où une opération rapide avait permis la capture de Nicolás Maduro – il a reconnu que la donne était radicalement différente : « L’Iran n’est pas le Venezuela où l’on entre puis l’on sort » . Les experts abondent : le régime iranien, théocratique et idéologiquement structuré, est conçu pour survivre à la décapitation de son leadership, contrairement au pouvoir vénézuélien .

Une option encore à l’étude

Aucune décision officielle n’a été prise à ce stade. Washington n’a pas confirmé l’approbation d’une telle opération, qui reste un scénario parmi d’autres étudiés par les planificateurs militaires . Mais l’évocation de ce plan, à la fois par la presse et dans les déclarations présidentielles, illustre l’ampleur des défis posés par le conflit iranien et la recherche d’une issue face à une guerre qui s’enlise.

Par Frédéric Konaté 

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