Israël : Netanyahu annonce avoir ordonné le renversement du régime iranien
À sept jours des élections législatives israéliennes, Benjamin Netanyahu a créé la surprise en déclarant, lundi 19 octobre au soir, avoir donné l’ordre à l’armée, au Mossad et au renseignement militaire de renverser le régime iranien. Le Premier ministre assure que Donald Trump partage cet objectif et n’exclut pas une attaque avant le scrutin du 27 octobre.
C’est au micro de la chaîne israélienne Channel 14 que le Premier ministre a lâché la nouvelle. Interrogé sur la stratégie face à Téhéran, Benjamin Netanyahu a affirmé avoir ordonné au Mossad et à l’armée de travailler au renversement du régime iranien. « Le régime doit tomber, je vais le faire tomber », a-t-il déclaré, ajoutant que « le plan est très complet et très ferme ». Il a également prévenu qu’Israël pourrait avoir besoin de lancer une attaque avant les élections, prévues le 27 octobre.
Cette sortie ne tombe pas de nulle part. Le 18 octobre, lors d’un briefing de sécurité, Netanyahu avait déjà dévoilé une nouvelle doctrine fondée sur la « frappe préventive », avec la chute de la République islamique comme objectif stratégique. « C’est l’instruction que j’ai donnée à tous les organismes de sécurité », avait-il alors assuré.
Le soutien de Trump
Le Premier ministre israélien a longuement insisté sur le rôle de Washington. Il affirme s’être entretenu avec Donald Trump à ce sujet, y compris deux jours avant son intervention. « Je dois achever la tâche de renverser le régime iranien. C’est le plus important. J’en ai discuté plusieurs fois avec le président Trump, y compris il y a deux jours », a-t-il soutenu.
Le 18 octobre, Trump avait publié sur les réseaux sociaux un message de soutien « total et complet » à Netanyahu, le qualifiant de « Premier ministre guerrier » et de « grand partenaire » des États-Unis face à l’Iran. Une prise de position que Netanyahu a saluée, estimant que l’attitude de Trump était « très claire » : la priorité reste d’« éliminer définitivement la menace existentielle que l’Iran fait peser sur Israël ».
Ces déclarations surviennent à une semaine d’un scrutin législatif particulièrement serré. Les derniers sondages accordent environ 50 sièges à la coalition de Netanyahu, contre environ 52 à l’opposition, aucun des deux blocs n’atteignant les 61 sièges nécessaires pour gouverner. Dans ce contexte, le Premier ministre mise sur son image de garant de la sécurité pour mobiliser son électorat.
Plusieurs analystes relativisent toutefois la portée militaire de ces annonces avant le scrutin. Netanyahu lui-même avait admis par le passé qu’un renversement du régime iranien avant les élections n’était « pas réaliste ». L’ordre annoncé relève donc davantage d’une démonstration politique que d’un plan d’action immédiat. Mais il place la question iranienne au cœur de la campagne et prépare le terrain pour l’après-scrutin.
Par Cherif Keita

