Sénégal : Ousmane Sonko appelle les députés de Pastef à ne pas voter la loi de finances rectificative
Le président de Pastef et de l’Assemblée nationale a annoncé, lundi 19 octobre à Dakar, que les députés de son parti ne voteront pas le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 dans sa forme actuelle. Il dénonce la baisse des subventions aux produits pétroliers et les coupes dans les budgets sociaux, estimant que le texte s’éloigne des orientations du parti.
Lors d’un point de presse tenu à Dakar, Ousmane Sonko a vivement critiqué l’orientation prise par l’exécutif. Selon lui, le pays s’est écarté de la ligne tracée par Pastef, et le projet de loi de finances rectificative, dans sa version actuelle, ne saurait recevoir l’aval des parlementaires de son parti.
Il a ainsi appelé les députés à ne pas voter le texte, estimant que le faire reviendrait à se rendre « complice des difficultés qui frapperont les populations ». Une prise de position qui acte, de fait, une rupture ouverte avec le pouvoir en place.
La rupture avec le chef de l’État
Revenant sur sa rupture avec le chef de l’État, Ousmane Sonko affirme l’avoir averti. Selon lui, ceux qui entourent aujourd’hui le président ne connaissent pas le parti et ont délaissé le chemin qu’il avait tracé. Un constat amer, formulé sans détour, qui éclaire la distance désormais installée entre l’ancien Premier ministre et le sommet de l’exécutif.
Budget, social et investissement : les reproches
Le président de Pastef a cité plusieurs domaines qu’il estime négligés par le texte financier : la consolidation budgétaire, les budgets sociaux et l’investissement. Il affirme également que l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » n’est plus aligné sur le programme actuel, notamment dans la loi de finances rectificative. Un désaccord de fond, qui dépasse la seule question des chiffres pour toucher à la vision même du développement du pays.
Sur la relation avec le Fonds monétaire international (FMI), Ousmane Sonko se veut nuancé. Il affirme que le parti n’a rien contre le FMI, qu’il considère comme un partenaire. Il pose toutefois une limite claire : le Sénégal ne doit pas se baser exclusivement sur le Fonds, et encore moins aveuglément. Une manière de rappeler que la souveraineté économique reste, à ses yeux, non négociable.
Le leader de Pastef défend avec fermeté le maintien des subventions, en particulier celles sur les produits pétroliers. Sans elles, estime-t-il, la situation du pays aurait été compliquée. Il ajoute que le pays n’est pas obligé d’augmenter les prix de ces produits, et que l’attention doit se porter sur les priorités des populations.
En conclusion, Ousmane Sonko a demandé que la loi de finances ne soit pas votée. Selon lui, voter ce texte reviendrait à cautionner les difficultés qui attendent les Sénégalais. Un appel qui place les députés de Pastef face à un choix politique lourd de conséquences, et qui promet de peser sur les débats parlementaires des prochains jours.
Par Cherif Keita

